Pourquoi les musulmans auraient-ils plus de droit que nous???

Un mois de prison avec sursis et 1.680 d'amende pour cette réaction sur le site d’un journal français

En France, un homme a été condamné à un mois d'emprisonnement avec sursis et à une amende de 1.680 euros parce qu'il avait laissé le commentaire suivant sur le site Internet du journal Le Figaro, en juillet 2011: …quant aux musulmans qui provoquent de plus en plus les Français de souche avec leur merde de repas halal… je leur conseille d’arrêter immédiatement ces provocations ou de quitter la France au plus vite et de retourner dans leur pays musulman s’ils ne savent pas vivre en harmonie avec les autres religions, sinon ils finiront par n’avoir que le choix de la valise ou le cercueil comme ce fut le cas pour les « pieds noirs » (un terme utilisé pour désigner les colons français en Algérie, NDLR) dans les années 60 ». Le tribunal a jugé que les propos de l'auteur constituaient une provocation à la discrimination nationale, raciale, religieuse.

Au Danemark, la semaine dernière, l'artiste irano-danoise Firoozeh Bazrafka a été condamnée à une amende de 5.000 couronnes danoises pour racisme, car à la fin de l’année 2011, elle avait écrit ceci sur un blog du Jyllands-Posten:

« Je suis convaincue que les hommes musulmans dans le monde entier violent, abusent et assassinent leurs filles. Ceci est, d’après ce que je comprends en tant qu’Irano-danoise, le résultat d'une culture dysfonctionnelle et inhumaine, si vous pouvez appeler cela une culture. Mais vous pouvez dire, je pense, que c’est une religion dysfonctionnelle et inhumaine, dont le livre, le Coran, est plus immoral, plus déplorable et plus fou que les livres des deux autres grandes religions combinées ».

Ces deux condamnations sont tombées presque simultanément avec la publication par l'UE d'une proposition d’un Cadre Européen pour la promotion de la tolérance au sein de l’UE (A European Framework National Statute for the Promotion of Tolerance), émise par l’ONG European Council on Tolerance and Reconciliation (ECTR). Ce cadre pourrait faire l'objet d'une législation.

L’ECTR prévoit des sanctions pénales pour les actes illicites tels que les délits motivés par la haine, l'incitation à la haine raciale à l'encontre de certains groupes ethniques, l'approbation des idéologies totalitaires, la xénophobie, l'antisémitisme, l’antiféminisme et l'approbation ou la négation de l'Holocauste. Des déclarations comme «Les musulmans sont des terroristes» et «Les Tsiganes sont des voleurs» seraient punissables.

Cependant, certaines clauses de ce texte ne manquent pas de soulever des questions. Ainsi, on peut lire dans sa section 4 (Limitations):

(b) Ordre Public.

« Un premier exemple : il faut comprendre que les manifestations (dans l’exercice de la liberté de rassemblement) ne doivent pas nécessairement être tolérées lorsqu’elles sont susceptibles de dégénérer en émeutes ou empiéter sur les droits des autres ».

(f) Protection des droits et des libertés des autres.

« Il n'est pas nécessaire d'être tolérant envers l’intolérant. Ceci est particulièrement important en termes de liberté d'expression: cette liberté ne doit pas être détournée pour calomnier d'autres groupes ».

Dans sa section 9, le document envisage également de nouvelles règles pour les médias:

« Le Gouvernement veillera à ce que les chaînes publiques chargées de diffuser des programmes (radio et télévision) consacrent un pourcentage prédéterminé de leur programmation pour promouvoir un climat de tolérance ».

« Le gouvernement doit encourager tous les mass médias (publics aussi bien que privés) à adopter un code de déontologie qui permettra d’éviter la propagation de l'intolérance et sera supervisé par une commission des plaintes des mass médias.

«C'est une question délicate, étant donné qu'il n'y a aucune intention de censurer les médias », écrivent les auteurs.

« L’abus d’internet au travers de la propagation de l’intolérance est un problème lié. Cependant, les initiatives pour mettre en place une réglementation juridique du cyberespace sont actuellement examinées dans un contexte plus large. Il est trop tôt pour spéculer sur la façon dont cette question sera résolue ».

Ce texte a été élaboré par un groupe d’Experts composé de l’Israélien Yoram Dinstein (président), Ugo Genesio (Italie), Rein Müllerson (Estonie), Daniel Thürer (Suisse) et Rüdiger Wolfrum (Allemagne).

Ces cinq personnalités ont présenté leur travail au parlement européen, mais ils ont rencontré l’opposition des partis d'extrême droite au Parlement européen (à partir de la minute 26 dans la vidéo ci-dessous). Philip Claeys du Vlaams Belang a déclaré que «la tolérance est une valeur qui ne peut être appliquée par des sanctions pénales ». Il a estimé que les propositions étaient dangereuses pour la liberté d'expression. Selon lui, la société multiculturelle a échoué et il n'y a aucune raison d'être tolérant envers elle. « C’est de l’endoctrinement, et c’est anti-démocratique. C’est presque une parodie de ‘1984’ » a estimé Nick Griffin, qui dirige le British National Party, le parti d’extrême droite britannique. «Vous êtes en train de parler de l’argent du contribuable qui sera nécessaire pour acheter des livres, des films des programmes de télévision, utiliser l’argent du contribuable pour supprimer sa liberté de penser ». Cependant, d'autres députés ont exprimé leur soutien à l'initiative.

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