Pire que des charognes ils ont exploité cette mort sans vergogne

La vérité a pointé son museau de fouine
Mettant dans l’embarras tous les accusateurs,
Ces avocats de la bonne cause, au col d’hermine,
Ces indignés à sens unique, ces procureurs.
Trois semaines durant, ils se sont acharnés
A faire de Méric, une icône, un martyr,
Un symbole victime des violences dextrogyres,
Mais voilà, la baudruche vient de se dégonfler.
On apprend de source sure par une vidéo
Que le gentil aurait attaqué le facho !
Voilà qui remettrait les pendules à zéro…
Et leurs excuses seraient cerise sur le gâteau.
Je sais, l’espoir fait vivre… Mais j’avoue, en cynique,
Me régaler de leurs contorsions sémantiques.
Ces premiers outragés qui ont pointé du doigt
Le FN et les JNR ou troisième voie,
Responsables à leurs yeux du « meurtre » d’un gamin,
Sauront faire amende honorable, c’est certain !
Valls, Ayrault et consorts qui, fort d’indignation,
Veulent des têtes et exigent des dissolutions,
Nous feront évidemment part de leurs regrets
D’avoir parlé trop vite, d’avoir trop tôt jugé.
Mais plus que tout, sincèrement, je félicite
Tous ces journalistes engagés, pleins de mérite
Qui ont, bien au-delà d’une déontologie,
Su orienter la plèbe au gré de leurs avis.
Sur ce fait divers, ils se sont précipités,
Tels des rapaces par l’odeur du sang alléchés.
C’est qu’il leur a fallu courage, abnégation
A ces « résistants », rebelles de l’information
Pour se jeter sans honte, pires que des charognes,
Exploiter jusqu’à l’os cette mort, sans vergogne.
Comme ils étaient vaillants ces faiseurs d’opinion
A hurler au retour de ces plus sombres heures.
C’est à celui qui serait le plus racoleur,
Titres rivalisant en abomination.
Tous ou presque auraient fait de bons inquisiteurs
A asséner, sans preuves, leurs pauvres vérités
Afin de mieux bourrer le crâne des lecteurs
Une farce tragique institutionnalisée.
C’était à qui mieux mieux, se roulerait dans la fange
Du parti-pris, surtout du déni de l’étrange.
Ils se sont tous vautrés dans la boue du mensonge
Déformant et manipulant le moindre fait
Clément est une victime, Esteban l’accusé
C’est établi, quoi que l’on pense, quoi que l’on songe !
Ils se sont érigés en donneurs de leçons
Leur avis prévalant comme une sainte onction.
Trois semaines durant, ce furent des litanies
Pour consacrer cet Estéban comme maudit.
Trois semaines durant, ces pisseurs de copies
Se sont sur des principes, royalement assis.
Présomption d’innocence, mais ils en ont fait fi
Ils tenaient leur coupable, un facho… c’est écrit !
Et voilà que les vidéos leur donnent tort.
Nous attendons donc de leur part quelques remords
Ou des excuses, mais je sais que c’est illusoire
Quand bien même à leur place, je fuirais les miroirs.
Esteban restera marqué de l’infamie
Portée par tous ces chantres de la calomnie.
La vérité a pointé son museau de fouine
Mais la rumeur n’en reste pas moins assassine.

Oréliane

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