Le coran demande que soit puni un fidèle qui boit de l'alcool.Pourtant,voir l'article:

Un Prophète Alcoolique

Le texte du Coran fait allusion aux breuvages alcooliques dans cinq versets par les termes « sakar » (boisson enivrante) et « khamr » (vin, alcool, boisson alcoolisée) ; tantôt distingué comme une largesse divine, tantôt perçu comme une souillure et une abomination du Malin, le vin, très populaire et apprécié, fut l’objet de conflits au sein de la oumma.

Définition du nabîdh

Du côté de la tradition islamique le terme « nabîdh » revient fréquemment. Traduit dans les dictionnaires d’arabe moderne par « boisson alcoolisée, spiritueux, vin »1, il dérive de la racine n.b.dh qui renvoie à la notion de « vinifier, transformer en vin ». Le dictionnaire encyclopédique Lisân al-‘Arab ajoute que « cela est appelé le nabîdh, car on prend des dattes ou du raisin puis on les vinifie dans un pot ou une outre en y ajoutant de l’eau, et on les laisse de côté jusqu’à ce qu’ils fermentent et deviennent intoxicant. (…) Le khamr pressé à partir du raisin : nabîdh. On dit que le nabîdh est du khamr ». Ainsi le nabîdh peut être fortement alcoolisé comme l’illustrent ces traditions : « j’ai vu un homme apporter au Messager de Dieu une coupe dans laquelle il y avait du nabîdh. Il lui a donné la coupe, et il l’a levée à sa bouche, mais il l’a trouvé trop fort, alors il la lui a redonnée » ; « on a dit à Talha : « pourquoi n’offrez-vous pas de nabîdh ? » Il a répondu : « je n’aimerai pas qu’un musulman devienne ivre à cause de moi »2. Même en la laissant reposer seulement quelques heures, cette boisson contient malgré tout de l’alcool de par la réaction chimique, le père d’Abdullah ad-Daylami a demandé au Prophète : « que devons-nous faire avec des raisins ? » Il a répondu : « faites-les tremper le matin et buvez-les le soir, et faites-les tremper le soir et buvez-les le matin ». J’ai dit : « peut-on le laisser jusqu’à ce qu’il devienne plus fort ? »3. La fermentation alcoolique dure normalement entre quatre et huit jours. Vin blanc se dit en arabe « nabîdh abyad » et vin rouge « nabîdh ahmar ». L’historien mutazilite al-Jâhiz (m. 867) indique que les habitants de Médine classaient le nabîdh avec le vin4, puis il demanda dans une lettre adressée à son ami al-Hassan bin Wahb de lui livrer du nabîdh en y décrivant ses effets :

Je te parlerai de la noblesse du nabîdh et de sa supériorité sur les autres breuvages alcoolisés, ensuite je te démontrerai pareillement la supériorité de ton nabîdh sur tous les autres. Quand le nabîdh pénètre dans tes os, se répand dans chaque organe, et imprègne ton cerveau, il rend les idées claires, délivre ton esprit des soucis, détend le corps et l’âme, et te rend insouciant, joyeux, tolérant, optimiste, et de bonne humeur. Il ferme la porte au doute et te fait tout comprendre et tout voir sous un angle positif. Il te libère des tracasseries, de la tourmente des angoisses, de la peur du futur, de la cupidité, et des pensées ennuyeuses au sujet de la façon de gagner sa vie – en un mot, de tout ce qui fait obstacle au bonheur, perturbe le plaisir, ramolli le désir ou gâche la joie. Il donne aux hommes âgés la flamme de la jeunesse et aux jeunes hommes l’exubérance de l’enfance. Le seul danger, quand on le boit, est d’aller au-delà du stade de la gaieté vers une phase d’excitation et d’irritation.5

La descente des versets coraniques sur le vin

Aux premiers temps de l’islam, Dieu exhortait la communauté à la consommation des spiritueux : « des fruits des palmiers et des vignes, vous tirez une boisson enivrante et un aliment excellent. En vérité, en cela, est certes un signe pour un peuple qui raisonne » (16.67). En vertu de cette révélation, l’alcool coulait à flot et imbibait le foie des musulmans jusqu’à saturation, y compris celui de Mahomet qui suivait les conseils avisés d’Allah. C’était l’esclave d’Aïcha qui, chaque jour, avait l’habitude de préparer la liqueur du Prophète :

Un jour, j’ai rencontré ‘Aïcha et je lui ai demandé de m’informer sur le nabîdh. Elle a appelé sa servante habachite et elle me dit : « demande à celle-ci de t’en informer, car c’est elle qui vinifiait le nabîdh pour le Messager de Dieu ». Alors, la susdite esclave dit : « je lui vinifiais le nabîdh la veille au moyen d’une outre que je liais d’une ficelle avant de l’accrocher, puis le lendemain, il en buvait ».6

De temps à autre, c’était la mère des croyants qui se chargeait de la besogne : « nous vinifions le nabîdh du Messager de Dieu dans une outre dont nous lions l’embout par une ficelle et qui se termine par un trou. Nous préparions un tel nabîdh au matin afin d’être bu la nuit, et nous le vinifions de nouveau la veille afin d’être bu le lendemain »7, et occasionnellement Mahomet s’activait à la tâche : « le Messager de Dieu vinifiait le nabîdh dans un bol de pierre »8. Le procédé de fabrication est relativement simple et à porter de toute les bourses, chacun était assez habile pour produire son propre « cocktail maison ».

« Nous préparions le nabîdh du Messager de Dieu dans une outre, on prenait une poignée de dattes ou une poignée de raisins secs que nous mettions à l’intérieur de l’outre puis nous versions par-dessus de l’eau. Le nabîdh que nous préparions le matin était bu par lui (le Prophète) le soir, et le nabîdh que nous préparions le soir était bu par lui le matin », rapporte ‘Aïcha.9

Les Arabes avaient coutume de se réunir entre amis autour d’un bon repas et d’une bonne amphore de vin en reluquant de belles esclaves, aux voix envoûtantes, se dandiner, les divertissements dans le hedjaz étaient peu nombreux : « il (Qayl, membre des ‘Ad) est venu chez Bakr ibn Mou’awiya et il lui a donné à boire du vin et deux chanteuses chantaient devant lui »10.

L’Envoyé de Dieu établit quelques règles ayant trait à la production d’alcool : interdiction de vinifier dans une jarre de terre cuite (hantam) ou enduite de goudron (mouzaffat), dans un tronc de palmier (naqir) ou dans une courge (douba’), faute de quoi le breuvage se changerait en vinaigre11 ; et défense de mélanger les dattes avec les raisins et les dattes mûres avec les dattes vertes, « il faut les vinifier les uns séparés des autres »12. Cette dernière recommandation est suffisamment importante à ses yeux pour qu’il prenne l’initiative de le signaler par écrit aux habitants d’une contrée yéménite13. On lui fit remarquer au sujet de l’interdiction de l’usage de certains récipients que « tout le monde ne peut pas se procurer des outres de peau », il autorisa en ce cas l’emploi de jarres en argile non enduites14.

Le Prophète épongeait jusqu’à une outre de boisson alcoolisée par jour et parfois conservait son élixir durant quelques temps : « le Messager d’Allah buvait au matin du nabîdh qu’on lui vinifiait au début de la veille et continuait à le boire la nuit suivante, le lendemain et le surlendemain jusqu’à l’après-midi. Alors, quand il restait quelque quantité de ce vin, il ordonnait de l’offrir à boire à (son) esclave, ou de le renverser »15. Par ailleurs, Ibn ‘Omar (m. 694) a dit : « nous en buvions comme du miel »16. Embarrassé par le fait que l’Envoyé de Dieu ait pu absorber quotidiennement des litres d’alcool, l’imam Moslim ibn al-Hajjaj al-Qochayri (m. 875) invoque le prétexte qu’au delà de soixante douze d’heures de fermentation la boisson conduit à l’ivresse, c’est la raison pour laquelle Mahomet n’asséchait pas son outre. Il écrit en titre de chapitre : « la permission de boire le nabîdh avant qu’il ne se condense et avant qu’il ne devienne alcoolique ». Il soulage de cette façon sa conscience et trouve le compromis entre la future prohibition et la consommation excessive du Prophète. Le nabîdh sera cependant totalement interdit à l’avenir par le fondateur de l’islam ; d’autre part il est impensable qu’il ait pu donner à boire à son esclave une boisson illicite. La sagesse dumouhaddith Abou Dâwoud (m. 888) l’amena à penser que le Prophète abandonnait le contenu de son outre au bout du troisième jour quand le nabîdh se gâtait17. Cela est une meilleure explication qui va dans le sens de la logique.

Alcoolique notoire, Mahomet se voyait maintes fois proposer des verres débordant du nectar de ses désirs qu’il acceptait bien volontiers.

Jaber ibn Abdollah raconte : « un jour où nous étions en compagnie du Messager d’Allah, celui-ci a demandé à boire. Alors, un homme lui a posé la question suivante : « Ô Messager d’Allah, ne voudrais-tu pas que nous te donnions du nabîdh à boire ? » Il a répondu : « Si ». L’homme est sorti pour revenir avec une tasse rempli de nabîdh.18

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