Comment se sont-ils retrouvés en France???

ans un lieu d'accueil et d'orientation (LAO) de la Croix-Rouge MEHDI FEDOUACH AFP

POLITIQUE - Et dénoncent notamment le manque de moyen pour accueillir ces mineurs étrangers privés de famille...

Ils seraient 8.000 répartis à travers la France, mais la prise en charge des mineurs étrangers privés de famille se heurte depuis des années aux limites financières des départements qui viennent d'appeler l'Etat à leur secours.

La dernière alerte est venue de Jean Arthuis, le président (UDI) du Conseil général de Mayenne, qui a signé le 24 juillet un arrêté mettant fin à l'accueil des mineurs étrangers isolés par le service de l'aide sociale à l'enfance dans son département.

La garde des Sceaux Christiane Taubira et son collègue de l'Intérieur Manuel Valls ont déploré une décision «illégale» de l'ancien ministre centriste. «L'Etat ne saurait accepter de distinguer les mineurs en fonction de leur nationalité», ont dénoncé les ministres.

Signal d'alarme

Le sénateur a promis de retirer son arrêté après un rendez-vous à la Chancellerie prévu «aux alentours du 20 août». «J'ai toujours dit que c'était un arrêté provisoire et qu'il visait à tirer un signal d'alarme», a-t-il expliqué mercredi.

En attendant, Jean Arthuis verra ce jeudi sa décision contestée devant le tribunal administratif de Nantes par un recours de l'association France Terre d'Asile (FTA). «On n'est pas obligé de prendre les gamins en otage pour régler un problème politique», a regretté le président de FTA, Pierre Henry.

Il y a deux ans, c'est de la Seine-Saint-Denis, terre d'accueil du plus grand nombre de ces jeunes, qu'était monté un SOS lancé par le président du Conseil général, Claude Bartolone, aujourd'hui président de l'Assemblée nationale.

Dans un courrier du 22 juillet 2011, il avertissait le ministre de la Justice d'alors,Michel Mercier, de l'incapacité du département à accueillir dignement de nouveaux mineurs isolés étrangers «au-delà du millier que nous suivons déjà à ce jour». Il annonçait son intention de ne pas recevoir de nouveaux arrivants à compter du 1er septembre suivant.

8.000 personnes concernées

«La droite n'a rien fait, et pendant des années les rapports se sont empilés sur le sujet mais ont fini dans les tiroirs», a déploré Pierre Henry.

Il a fallu attendre le 31 mai 2013 pour que le gouvernement prenne en charge la question. Une circulaire de Christiane Taubira définissant un «dispositif national de mise à l'abri, d'évaluation et d'orientation» de ces jeunes, a été publiée. Avec comme souci la répartition de la charge entre l'ensemble des départements puisque c'est à eux qu'échoit la mission de protection de l'enfance.

Evaluant à 8.000 le nombre de personnes concernées, la circulaire note que «les flux des arrivées de ces jeunes se concentrent sur quelques territoires», notamment l'Ile-de-France où ils sont recensés pour moitié.

«La charge qui en résulte est de plus en plus lourde à assumer pour les départements les plus impactés qui, aujourd'hui, ont atteint les limites de leurs capacités de prise en charge, tant sur le plan financier que sur celui de l'accueil physique», observait le document, proposant que l'Etat finance la période de cinq jours correspondant à la phase de «mise à l'abri/évaluation/orientation» du jeune.

Afghanistan, Pakistan, Afrique...

Ce dispositif a permis de placer en juin et juillet 359 jeunes dans 40 départements qui n’en accueillaient pas jusqu’alors, répartissant mieux la charge, selon l'Assemblée des départements de France (ADF), qui a réclamé mercredi la création d'un fonds national d'intervention pour soutenir les Conseils généraux.

L'ADF «réaffirme son attachement à cette expérimentation prévue sur un an, qui doit donc aller jusqu’à son terme pour faire l’objet de l’évaluation prévue». La mise en place de la cellule nationale d’orientation a déjà «permis aux ministères de l’Intérieur et de la Justice de constater l’ampleur du phénomène».

Selon FTA, ces jeunes viennent en majorité d'Afghanistan, du Pakistan mais aussi d'Afrique (Mali, Guinée et RD Congo). Tous ne parviennent pas aux services sociaux, principalement les jeunes filles «livrées aux réseaux de prostitution et de l'esclavage domestique», selon Pierre Henry.

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