Gouvernement : stop à l’arrogance des nuls !

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Le 14 janvier 2013 

Christian
Vanneste
Homme politique.
Ancien député UMP et Président du Rassemblement pour la France.
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Une règle semble s’établir : plus le gouvernement démontre son incompétence, plus il affiche son mépris pour ceux qui le contestent. Sa suffisance n’a d’égale que ses insuffisances, comme dit la sagesse populaire. Il est logique que la porte-parole du gouvernement figure en bonne place dans la série. Prise la main dans le sac pour avoir fait de la propagande en faveur du « mariage »homo dans un collège public, elle se justifie en expliquant qu’elle était là dans le cadre de la lutte contre l’homophobie. Traduire : on peut faire la promotion du « mariage » unisexe dans les établissements publics parce que ça rentre dans le cadre de la lutte contre l’homophobie. On ne peut pas l’évoquer dans les établissements catholiques, parce que cela favoriserait l’homophobie… Ce déni infantile a un double mérite : il est d’abord l’expression d’un refus de la démocratie et du pluralisme qu’elle exige. Il est ensuite la démonstration, sans doute involontaire, que la lutte contre l’homophobie peut être le cheval de Troie du prosélytisme homosexuel.

Quant à Vincent Peillon, il s’est pris de plein fouet et en pleine leçon de laïcité, l’absence de neutralité d’une ministre de la République dans un établissement de l’enseignement public. Reconnaissons-lui un talent pour les gaffes qui confine au génie. C’est ainsi qu’il avait souhaité rouvrir le débat sur la légalisation du cannabis. Chez nos deux ministres, les termes utilisés sont les mêmes : il faut « avancer »« arracher » les préjugés familiaux de la tête des enfants, la France ne doit pas être« retardataire ».

En pointe de cette vague, il y avait Cécile Duflot, cette géographe spécialiste de l’environnement qui situait le Japon et son terrible Tsunami dans l’hémisphère austral. Elle avait, elle aussi, plaidé pour la légalisation du cannabis pour des raisons écologiques mystérieuses et participé à la cathophobie gouvernementale en dénonçant l’égoïsme foncier de l’Église, pourtant engagée au premier chef dans l’aide aux sans-logis. Le Président de la République avait d’ailleurs, sans doute par souci de cohérence dogmatique, fait retirer le portrait de l’abbé Pierre de la tribune sur laquelle il intervenait lors d’une visite à Emmaüs.

Le locataire de Matignon, lui qu’on accuse à tort de ne pas savoir diriger son gouvernement, a pourtant su donner le sens de la marche. Il n’y a personne qui sache, comme lui, se prendre les pieds dans le tapis avec autant d’assurance et de constance. « Minable » avait-il dit de Depardieu à propos du départ de celui-ci pour la Belgique, le pays de Waterloo. Il n’a pas pensé un seul instant que Depardieu était un artiste mondialement connu et, qu’on le veuille ou non, associé à l’image de la France. Il a donc réussi ce coup de la gaffe à trois bandes : d’abord, dire au monde entier que notre matraquage fiscal en constante évolution était un piège qu’il fallait à tout prix éviter, ensuite dire aux Russes soucieux de démocratie que leur système pouvait être jugé préférable au nôtre, enfin susciter chez Gégé ce rôle grandiose du Bouffon, au sens le plus noble du terme, c’est-à-dire de celui qui peut dire au roi qu’il est grotesque quand il l’est. Son exil au pays de la Bérézina est une provocation jubilatoire qui devrait aider le pouvoir à être lucide : il n’est pas à la hauteur de sa prétention.

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