Samedi 1 juin 2013

Après les émeutes de la « fête » du PSG (tu parles d’une fête !) entre autres boboïtudes geignardes et politiquement correctes à souhait, il arrive qu’on entende ou lise à peu près ceci : « ces jeunes, vous comprenez, réagissent ainsi car ils sont dans la misère et donc désespérés. Il faut les comprendre. »

Par Yves Pialot de Riposte-Laïque

La misère ? On leur en montrera de la misère, aux bobos ignares, avec enfants décharnés, visage faméliques, regards vides au fond d’orbites où se lit la mort. Ces racailles dans la misère ? Avec leurs fringues de marque, leurs voitures de luxe, et tout l’argent que notre lamentable République leur distribue généreusement ? De qui se foutent ces bien-pensants ? Il paraît qu’on les aurait « mal reçus » en France, raison pour laquelle ils ne l’aiment pas. Mal reçus ? Là il faudra qu’on m’explique (voir plus loin).

Autre rengaine voisine de la précédente : le chômage. Et de vous citer des pourcentages de chômage dans les cités très au-dessus de la moyenne. Alors les pauvres petits sont désespérés, encore une fois. Eux qui aiment tant le travail, tellement attachés à une dignité qui consisterait à gagner leur vie honnêtement sans rien devoir à personne. Eux qui n’en finissent pas, sans doute, d’adresser des CV partout auxquels les salauds qui les reçoivent, sans doute racistes, ne répondent jamais. Eux qui font des queues interminables dans les couloirs des agences de l’ANPE.

La désespérance ! Joli mot n’est-ce pas ? Voilà l’ennemi. Le spleen romantique n’est pas loin. Le mal du siècle en quelque sorte. La prétendue désespérance justifierait tout. On en a vu des immigrés, bien plus malheureux que ceux dont il s’agit, Portugais vivant dans des bidons-villes, Polonais usant leur vie dans nos mines, Espagnols, Italiens ou Asiatiques et j’en passe, venus travailler dur, sans jamais perdre, eux, le sentiment de la dignité (notion bourgeoise qui fait bien rire les soixante-huitards faussement révolutionnaires). Respect ! Chapeau bas ! La voilà, Madame Filippetti (entre autres) l’immigration « chance de la France ». Et dites-le à vos collègues Taubira, Valls et compagnie. Mais celle des racailles ? C’est la malchance, que dis-je la malchance, le malheur non seulement de la France mais de la civilisation.

Alors forcément, cette soi-disant misère profite aux extrêmes, nous dit-on avec des trémolos dans la voix. Les extrêmes ? Alors des noms. Ben le FN, évidemment. Vous trouvez, vous, que les propos de Marine le Pen sont extrémistes ? Et en quoi s’il vous plaît ? Est-ce être extrémiste que d’exiger un minimum de sécurité ? D’exiger que l’on respecte les valeurs républicaines issues de la philosophie des Lumières ? Que l’on respecte la laïcité et que l’on refuse l’installation sournoise d’une théocratie haineuse dans notre pays ? Que de souhaiter que la France ne perde pas toutes ses industries pour des raisons de rentabilité, parce qu’ainsi le veut l’ultra-libéralisme européo-mondialiste ? Que de trouver révoltant et insupportable que l’on brûle (sinon pire…) le drapeau français ou que l’on siffle notre hymne national ?

C’est ça les extrêmes ? Alors je suis extrémiste avec délectation.

Par contre, tout casser à la moindre occasion, multiplier viols, meurtres et actes de barbarie de toutes sortes, passer à tabac «pour un regard », ça ce n’est pas les extrêmes. C’est la désespérance, c’est la norme. Avec un gouvernement « normal », cela coule de source.

Dans la situation où nous sommes, de pire en pire chaque jour, le FN, qui fut peut-être, à une époque, un parti extrême, ne l’est plus. Désormais, alors que l’UMPS (on peut dire aussi le PSUMP) a totalement abandonné la France, le FN est devenu le recours naturel, non pas extrême, mais ultime.

Les bien pensants qui brandissent les « extrêmes » avec des tremblements hystériques  n’ont pas encore compris que la géométrie (ou géographie) politique avait changé : de même que la droite et la gauche ne sont plus où elles se trouvèrent jadis, de même que le racisme ne se trouve pas où l’on prétend qu’il se trouve, de même les extrêmes ne sont pas où l’on croit qu’ils sont.

Yves Pialot

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