autruche_politique1.png 

 

 

Lundi 20 mai 2013

Agressions à Toulouse : «Le mieux c'est marcher, tête baissée»

«Nous allons continuer à nous amuser et à sortir, même si les agressions sont de plus en plus présentes», c'est que répètent à l'unisson Sophia et Cindy, étudiantes en économie. Néanmoins, les jeunes femmes ne sont pas rassurées et demeurent sur leurs gardes : «Même si je suis ceinture noire de karaté, je ne suis pas sereine à l'idée de me balader seule dans les rues», explique Lisa, étudiante en BTS MUC. Le sentiment d'insécurité plane, dans une ville où les occasions de faire la fête sont nombreuses. «Moi qui habite en centre-ville, j'ai la trouille quand je rentre seule ! Je reste dans les rues éclairées où il y a du passage et je change de trottoir dès qu'une personne me paraît louche», précise Charlène, étudiante en langues vivantes.

Alors que faire pour éviter les désagréments de fin de soirée : baisser la tête, affronter le conflit ou encore «s'enfermer chez soi à regarder The Voice ?» plaisante Sophia. «C'est triste à dire mais le mieux c'est de marcher, sans se retourner sur les insultes et prier pour qu'il ne nous arrive rien. Et baisser la tête… C'est tellement plus simple de s'en prendre à nous !» s'indigne Ludivine, étudiante en droit. Mais comme le dit Lisa, «de toute façon, il y a toujours eu des agressions, seulement elles sont plus présentes aujourd'hui puisque tout est prétexte pour agresser : des talons, un portable ou même une jupe. Dans une société où on se bat pour que les femmes aient les mêmes droits que les hommes, je trouve ça scandaleux qu'il y ait toujours autant d'agressions.»

«Même si les sorties en groupe sont plus privilégiées que les sorties en duo, on est toujours sur nos gardes… Prêtes à courir au moindre problème. ça en devient fatiguant d'être toujours méfiante et de toujours faire attention ! On doit sans cesse se protéger, on en arrive même à avoir du mal à profiter d'une soirée entre filles», témoigne Julia, étudiante en sciences du langage.

D'autres jeunes femmes sont plus radicales, comme Claire, étudiante BTS communication, «Déjà que je ne sortais pas beaucoup, avec toutes ces agressions, il faut en vouloir maintenant pour me traîner hors de chez moi. Si je n'ai aucun moyen sûr pour rentrer chez moi, c'est simple , je ne sors pas.»

Toutefois, ces jeunes femmes savent qu'il ne faut pas en faire une généralité : «C'est pas parce qu'il y a beaucoup d'agressions ces derniers temps qu'il faut que ça devienne une psychose, une hantise. Sortir est une chose, mais il faut aussi profiter des soirées et se lâcher de temps à autre» , estime plus calmement Ludivine. Se lâcher, là est bien le problème quand on sait que le danger est partout.»

Retour à l'accueil