A Marseille, des bureaux de vote sous contrôle des Caïds

A Marseille, des bureaux de vote sous contrôle des caïds, associations subventionnées tenues par des dealers, truands au Conseil général

Dans une interview pour Vosgesmatin.fr du 25 août dernier1 et passée totalement inaperçue – mais signalée par Francis que je remercie – un certain Saïd Ahamada*, responsable d’un collectif « Avenir-Marseille-Egalité », explique que Marseille est une ville gangrênée jusqu’à la racine.

Voici des extraits de son témoignage, un voyage « underground ».

Saïd Ahamada: « la ville est clairement séparée en deux…Aujourd’hui, Marseille est constitué de ghettos. Les pauvres au nord, les moins pauvres et les riches au sud… En réalité, je ne crois pas en la volonté de l’Etat d’éradiquer les trafics. Je pense que les autorités anticipent sur le fait qu’en cas de destruction des réseaux de stupéfiants, la délinquance pourrait se reporter sur d’autres activités criminelles (l’enlèvement, par exemple, comme en Amérique latine) visant les couches plus élevées de la société. «

Saïd Ahamada: « le clientélisme, plus qu’ailleurs, c’est la plaie de cette ville. Exemple : des associations tenues par des dealers notoires sont subventionnées par des fonds publics. En échange, les caïds de quartier tiennent les bureaux de vote ! »

Cet article vous a intéressé ? Inscrivez-vous à notre newsletter pour recevoir les nouveaux articles de Dreuz, une fois par jour en fin d’après-midi.

Saïd Ahamada: « j’ai vu, de mes yeux, des types à la solde des dealers des quartiers nord, interdire aux gens de fermer le rideau de l’isoloir ou exiger qu’ils ne prennent qu’un seul bulletin. »

Saïd Ahamada: « Et les mêmes truands occupent ensuite des fonctions au conseil général ! Pour en finir avec tout cela, il faut en finir avec les ghettos et avec le clientélisme. »

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour www.Dreuz.info

Saïd Ahamada

* Saïd Ahamada est d’origine comorienne. Il prépare l’ENA et a grandi dans les quartiers nord de Marseille. Il est à l’origine de la création du collectif Avenir-Marseille-Egalité (Ame), qui veut « redonner la parole aux Marseillais ».

Retour à l'accueil