C’est la négation totale de l’islamisation du pays,

Pour Macron, le terrorisme islamiste, c’est à cause des frustrations sociales

Publié le 13 septembre 2017 - par
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Dans l’interview fleuve qu’Emmanuel Macron a accordée au Point, ce dernier s’exprime sur de nombreux sujets et sur l’exercice du pouvoir.

Deux sujets appellent quelques remarques. Le terrorisme d’une part, ainsi que sa vision d’une France qui doit redevenir “une grande puissance” d’autre part.

Sur le terrorisme, il commence par minimiser le nombre de musulmans vivant en France, annonçant le chiffre  totalement farfelu de “4 millions de Français de confession musulmane” !

C’est moins que les chiffres annoncés par l’INED en 2008 ! C’est dire quel crédit on peut accorder à notre Président en matière de lutte contre l’immigration.

C’est la négation totale de l’islamisation du pays, laquelle a pourtant gagné toute la sphère publique, l’école, l’hôpital, le monde du travail et de l’entreprise, etc.

La meilleure étude est celle de Jean-Paul Gourévitch, qui a recoupé toutes les données disponibles à ce jour. Ce qui donne 8 à 9 millions de musulmans.

Voici le grand écart que l’on peut observer sur le sujet faute de statistiques ethniques. Emmanuel Macron se contente évidemment de la fourchette basse.

“Les musulmans seraient au nombre de 2,46 M pour le Monde des Religions (2007), de 4,2 millions pour Michèle Tribalat de l’INED (2008), de 4,7 millions pour le Pew Research Center américain (2010), de 5 à 10 millions pour Claude Guéant,  ministre de l’Intérieur et des Cultes (2010), de 8 millions pour le Front national (2010), de 15 à 20 millions pour Jean-Marie Le Pen (2014) comme pour le musulman Azouz Begag (2014) ministre délégué à la promotion des chances dans le gouvernement Villepin. Pour Dalil Boubakeur en 1998, ils représentaient environ 10% de la population. Selon les Français interrogés dans le sondage IPSOS-MORI publié en novembre 2014 par la presse britannique, leur pourcentage serait aujourd’hui de 31%. “

Selon Emmanuel Macron, parler de terrorisme islamique est une erreur, car il s’agit d’un terrorisme islamiste, qui n’a rien à voir avec nos 4 millions de musulmans.

Remarque totalement ridicule qui s’explique par la peur de l’amalgame.

“Islamisme”, selon le Larousse, est le synonyme vieilli du mot islam. Et depuis 1970, c’est un courant de l’islam faisant de la charia la source unique du droit.

L’islamisme prônant la charia, tout comme le Coran, Emmanuel Macron peut-il nous dire si le Coran est un livre islamiste ou islamique ?

On mesure tout le côté grotesque de ces contorsions linguistiques par peur de l’amalgame. Dès qu’ils parlent de l’islam, nos politiques rasent les murs.

On connaît le terrorisme nord-irlandais, le terrorisme tamoul au Sri Lanka, le terrorisme bouddhiste, ce qui ne fait pas pour autant des Irlandais, des Tamouls ou des Bouddhistes un ramassis de terroristes, évidemment.

Personne ne trouve à redire à ces différentes appellations des terrorismes qui frappent la planète.

Mais dès qu’il s’agit de l’islam, il n’existe pas de terrorisme musulman par peur de culpabiliser tous les musulmans. Quelle hypocrisie !

Selon un sondage de l’Institut Montaigne, 50% des jeunes musulmans sont pour l’instauration de la charia, mais Macron se refuse à porter un jugement sur toute religion !

Pour Emmanuel Macron, “les terroristes veulent éroder les fondations de notre pays et de notre République pour provoquer une guerre civile.”

Bonne analyse mais erreur de diagnostic quant aux causes du mal.

“Les terroristes se nourrissent aussi de frustrations historiques, économiques, sociales et contemporaines.” Encore un chapelet de mea-culpa !

Non ! Les terroristes se nourrissent essentiellement du Coran qui prêche le jihad.

Et c’est dans la riche Arabie que prospèrent le wahhabisme et le salafisme, les pires courants fondamentalistes anti-Occidentaux. Où est la frustration économique au pays des pétro-dollars ? Assez de faux prétextes.

La France a déversé 40 milliards dans les banlieues pour faciliter l’intégration.

Mais l’idéologie du droit à la différence a étouffé dans l’œuf toute chance d’assimilation ou tout simplement d’intégration.

Pour notre Président, “notre société a besoin de récits collectifs, de rêves, d’héroïsme, afin que certains ne trouvent pas l’absolu dans les fanatismes ou la pulsion de mort”.

D’accord. Mais pour cela, il faut en finir avec la repentance à tout propos qui fait de nous des salauds d’esclavagistes et de colonialistes. Il faut éradiquer de l’école républicaine l’enseignement de la haine de la France et des Français.

Il ne fallait pas assassiner l’histoire de France, éjecter des manuels scolaires Clovis, Saint Louis, Henri IV, François 1er, Louis XIV ou Napoléon.

C’est l’école et l’enseignement de l’histoire qui sont les fondations de l’intégration.

Mais on a préféré pendant des années enseigner  les civilisations exotiques.

“Nous devons…retrouver le sens du récit historique”.

“Nous devons redevenir un  pays fier” nous dit Emmanuel Macron.

Ce ne sont pas les patriotes qui contesteront ces déclarations.

Mais encore faut-il que les actes soient conformes aux paroles.

Car être le Président d’une “grande nation”, ce n’est pas la salir et l’humilier en Algérie en l’accusant de crime contre l’humanité, tout en niant l’œuvre civilisatrice de la colonisation.

Etre Président de la France, ce n’est pas déclarer qu’il n’y a pas de culture française ou avouer à Londres ne pas connaître l’art français.

Comment pourrait-on redevenir un “pays fier” avec un Président qui fait de nous des salauds à cause de notre passé colonial, ou qui prétend qu’il n’y a ni culture ni art français ?

Et comment enthousiasmer le peuple Français quand on le traite d’illettré comme à Gad, d’alcoolique comme dans le bassin minier du Nord, ou de fainéant ?

Ne venez pas nous parler de grandeur si vous pensez que nous sommes un ramassis de brutes sans art et sans culture, des salauds de colonialistes, des illettrés, des alcooliques et des fainéants.

“Il faut expliquer qu’il y a des héros en France, des génies et des gens qui s’engagent au quotidien”, nous dit notre Président.

Alors, pourquoi insulter le peuple ? Les Français ont besoin d’un chef qui les respecte et les protège, pas d’un Président qui les méprise.

Pas étonnant que la cote de popularité du Président se soit effondrée en 3 mois.

Jacques Guillemain

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