Vous ne lisez pas les programmes des candidats??Erreur fatale!!
Avec François Fillon, pas un soldat de plus pour la France
 
Peu de monde lit les programmes des candidats à la magistrature suprême. Erreur fatale !
 
 
Georges Michel
Colonel à la retraite
 
 
Peu de monde lit les programmes des candidats à la magistrature suprême. Erreur fatale ! Il en est des programmes comme des contrats d’assurance : il faudrait tout lire… C’est ainsi que je me suis intéressé au chapitre consacré à la Défense (notre assurance-vie) dans le projet pour la France de François Fillon. Intéressant…
 
Intéressant car on y lit en gros titre ce qui suit. « Les effectifs consacrés à notre défense doivent être revus à l’aune de la situation. » Soucieux de la défense de mon pays, je m’apprêterais presque, à la lecture de ce slogan, à fouiller dans mon porte-monnaie pour y tirer une pièce de deux euros…
 
Suit un état des lieux sans concession qui décrit cette lente mais inexorable dégradation de notre outil de défense depuis une dizaine d’années. Sur le plan des effectifs, notamment, François Fillon nous explique que
 
les effectifs civils et militaires consacrés à notre défense ont baissé sur les dix dernières années de 20 %. Ils sont passés pour l’ensemble du ministère de la Défense de 339.638 en 2006 à 271.534 en 2016. Cette baisse des effectifs dédiés à la Défense, a été plus forte que celle des autres administrations civiles…
Plus forte ? Doux euphémisme : entre 2007 et 2012, l’ensemble de la fonction publique d’État a vu ses effectifs fondre de – roulement de tambour – 1,7 %. Autant dire que la Défense a supporté la plus grande part de cette saignée de l’État. M. Fillon oublie aussi de préciser que, durant cette décennie 2006-2016 (de 2007 à 2012, pour être précis), il fut « responsable de la Défense nationale », en vertu de l’article 21 de la Constitution. Mais ça, c’était avant ! Avant que le Premier ministre ne devienne un collaborateur.
 
Suit une justification assez maladroite, voire malhonnête, de ces réductions d’effectifs décidées sous Nicolas Sarkozy : « Impératifs de professionnalisation » – alors que la professionnalisation s’est achevée en 2002 -, « arrivée de nouveaux matériels technologiques » – comme si la technologie expliquait tout. Et mise sur le dos des socialistes – qui n’ont pas besoin de ça !- de ces baisses d’effectifs qui auraient été conduites « sans fil directeur ». Alors que les socialistes n’ont fait que suivre ce fil directeur déroulé par le binôme Sarkozy-Fillon.
 
Toujours dans ce diagnostic clinique, François Fillon pointe du doigt « l’usure et le manque d’entraînement qui guettent nos soldats ». Entre Sentinelle, l’entraînement et les missions extérieures, certains passent près de 200 jours en dehors de chez eux et n’arrivent pas à prendre leurs congés, nous dit-il. C’est vrai, pire parfois. « Malgré leur dévouement et leur engagement, à l’évidence, ils ne pourront continuer sur ce rythme très longtemps », déclare le candidat. Comme dirait Pénélope : so what?
 
Alors, lisez-bien : « Les effectifs des armées doivent être maintenus. » En clair : vous avez du mal à accomplir votre mission, vous n’arrivez plus à vous entraîner, vous ne prenez pas toutes vos permissions ? Eh bien, rassurez-vous : si je deviens président de la République, je ne réduirai pas les effectifs des armées. Repos, vous pouvez fumer, comme on disait jadis !
 
Récemment, dans un dossier destiné aux candidats à l’élection présidentielle, d’anciens hauts responsables de la Défense ont estimé que, pour faire face aux menaces, il faudrait augmenter les effectifs, pour la seule armée de terre, d’au moins 20.000 hommes. M. Le Maire, dans son pensum de 1.000 pages – dont il s’est rapidement délesté pour rallier plus vite M. Fillon ! – allait, du reste, dans ce sens.
 
Vous l’avez compris : avec M. Fillon, pas un soldat de plus pour la France. Je garderai mes deux euros.
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