Le « bon ami du Quai d’Orsay », l’Arabie saoudite épinglée par l’ONU pour torture et exécution d’enfants «La charia est au-dessus de toutes les lois et traités, y compris les droits de l’enfant»


Le « bon ami du Quai d’Orsay », l’Arabie saoudite épinglée par l’ONU pour torture et exécution d’enfants «La charia est au-dessus de toutes les lois et traités, y compris les droits de l’enfant»

 

 

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Un rapport cinglant des Nations unies a fustigé l’Arabie saoudite pour avoir exécuté et soumis des mineurs à la lapidation, un responsable saoudien affirmant que la charia était au-dessus des droits de l’enfant.

Le 6 octobre, le Comité des droits de l’enfant (CRC) a publié un rapport sur le bilan de l’Arabie saoudite en rapport avec la Convention relative aux droits de l’enfant.

Après avoir examiné la politique du gouvernement du royaume envers les enfants et les mineurs, le Comité a exhorté les autorités saoudiennes à réviser sa législation «dans les plus brefs délais pour interdire sans ambiguïté la peine de mort pour les enfants», conformément à la Convention des droits de l’enfant.

Le document note qu’en Arabie saoudite, les mineurs peuvent être jugés comme des adultes après avoir atteint l’âge de 15 ans, et que les tribunaux saoudiens «émettent et exécutent les condamnations à mort sur simple décision sans procès équitable».

Le Comité est particulièrement préoccupé par le fait que, sur les 47 personnes exécutées le 2 janvier 2016, au moins quatre étaient âgées de moins de 18 ans lors de leur condamnation à mort par la Cour pénale saoudienne», indique le rapport.

Le comité a également vivement critiqué les pratiques de lapidation, de flagellation et d’amputation des membres des personnes condamnées, exigeant que le royaume «abroge toutes les dispositions contenues dans la législation» autorisant de telles sanctions.

Le rapport ajoute qu’outre les traitements pouvant être infligé aux mineurs, les sanctions étaient encore plus lourdes pour les filles que pour les garçons, selon Jorge Cardona, membre du Comité sur les droits de l’enfant de l’ONU.

Selon l’interprétation de l’Arabie saoudite de la loi islamique, les jeunes filles mineures peuvent être mariées dès l’âge de neuf ans, ce qui pose un grave problème vis-à-vis des droits de l’enfant, a ajouté Jorge Cardona.

Le rapport appelle le gouvernement saoudien à abolir «toutes les formes de discrimination à l’égard des filles» et à «répondre aux stéréotypes sexistes» dans ce pays où les femmes sont victimes de violence et de discrimination.

« La charia au-dessus de toutes les autres lois »

Dans sa réponse officielle au rapport, l’Arabie saoudite a réitéré son droit de tenir les enfants âgés de 15 ans et plus pénalement responsables pour certaines infractions, ajoutant que la charia, la loi islamique, était au-dessus de toutes les autres lois.

«Aucune autorité de l’Etat n’a le pouvoir de modifier ou de suspendre la peine prévue pour les crimes de qisas (meurtre et d’agression) et les crimes de hudud (celles pour lesquelles sont spécifiées des sanctions dans le Coran et la Sunna), car ceux-ci sont catégoriquement énoncés dans la charia et ne laissent aucune marge d’interprétation», a déclaré le président de la Commission saoudienne des droits de l’Homme, Bandar Ben Mohammed Al-Aiban .

«La charia est au-dessus de toutes les lois et traités, y compris la Convention relative aux droits de l’enfant», a-t-il également déclaré, cité par Reuters.

Un membre de la famille royale saoudienne, condamné à mort pour avoir tué un homme au moyen d’une arme à feu, a été exécuté à Riyad – une première depuis 1975. Le ministère de l’Intérieur saoudien s’est félicité de cette décision de justice.

En Arabie saoudite, même les membres de la famille royale n’échappent pas à la justice. C’est ce que tend à prouver l’exécution à Riyad du prince Turki bin Saud al-Kabir, annoncée par le ministère de l’Intérieur saoudien dans un communiqué cité par l’agence Saudi Press Agency, mardi 18 octobre.

Le ministère a salué cette mise à mort, la première depuis quatre décennies d’un dignitaire de la famille régnante, considérant qu’elle rappelait au peuple saoudien que les autorités étaient prêtes à «préserver la sécurité et assurer la justice».

Le prince Turki bin Saud al-Kabir a été condamné à la peine capitale après avoir été reconnu coupable du meurtre d’un de ses compatriotes, Adel al-Mahemid, lors d’une rixe aux abords de Riyad en décembre 2012. L’oncle de la victime, Abdul Rahman al-Falaj, a déclaré que la condamnation du meurtrier reflétait le «justesse du système judiciaire» de la monarchie wahhabite, selon des propos rapportés par la chaîne Arab News.

Si, en Arabie saoudite, la plupart des exécutions prennent la forme de décapitations en place publique au moyen d’une épée, le ministère de l’Intérieur n’a pas précisé si la mise à mort du prince s’était déroulée de cette manière. Ce dernier est la 134e personne à se voir infliger la peine capitale dans l’Etat du Golfe en 2016. Le meurtre, le trafic de drogue, le vol à main armé, le viol ou l’apostasie sont passibles de condamnation à mort dans le royaume.

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