la 3ème Guerre mondiale ?

Analyse : Iran et ISIS probables alliés dans la 3ème Guerre mondiale

Publié par Nancy Verdier le 1 mars 2016

Combien de temps avant que se produise l’étincelle qui déclenchera la conflagration générale, dans une région déjà en plein chaos.

Selon la journaliste Hana Levi Julian, dans The Jewish Press, les analystes militaires israéliens commencent à préparer les hauts responsables qui à leur tour commencent à préparer la nation à ce qui finira par devenir la 3ème guerre mondiale.

La plupart des analystes estime toujours que la crise syrienne est un conflit régional sectaire entre musulmans sunnites, chi’ites et alaouites. Mais cet aspect des choses est depuis longtemps révolu.

Une confrontation cataclysmique de civilisations a lieu en Syrie, ce à quoi s’attendaient un certain nombre de pays depuis des décennies.

  • La Turquie, profondément ancrée dans son glorieux passé de l’Empire Ottoman, verrait avec grande satisfaction son influence s’étendre pour former une ‘Union islamique Turque’ qui pourrait englober des nations musulmanes semblables dans la région et peut-être au-delà.
  • Da’esh également appelé “Etat Islamique” (ISIS ou ISIL) étend rapidement son influence dans l’objectif d’un califat mondial. Il a débuté comme groupuscule dissident de l’organisation terroriste Al Qaeda et a ensuite opéré sa mutation en Etat Islamique en Irak puis en Syrie (“ISIS”) — mais dans les faits, il a rallié avec succès à sa cause 41 autres groupes terroristes régionaux dans le monde entier et pratiquement sur tous les continents.
  • Ensuite, il y a bien entendu la République Islamique d’Iran, une nation musulmane chi’ite qui étend ses tentacules aussi rapidement dans le monde que Da’esh, mais de manière bien plus insidieuse et certainement plus dangereuse. S’il y a bien une nation au monde qui se comporte comme Amalek, ce monstre au cœur noir et glacial qui le premier s’est attaqué à la plus faible des nations, c’est l’Iran, le pire ennemi qu’Israël ait jamais eu et qui partout a discrètement étendu sa sphère d’influence et son contrôle impénétrable.

Riche, patient, souriant et calculateur, l’Iran acquiert de nouveaux alliés chaque année, même parmi ceux qui étaient autrefois les amis d’Israël.

Dans leurs zones d’influence, les autorités iraniennes ne manquent pas de manipuler les populations, d’attiser les braises, de remuer le brouet, de le faire mijoter et d’entretenir la flamme de tous les conflits qui consument le Moyen-Orient.

L’argent est toujours bienvenu dans ce type d’opération et l’Iran dispose d’un afflux massif d’argent liquide grâce à Barack Obama suivi des cinq pays qui ont permis la levée des sanctions le mois dernier dans le cadre des accords nucléaires.

C’est ainsi que l’ambassadeur iranien au Liban, Mohammed Fath’ali a annoncé mercredi dernier que l’Iran verserait $7000 aux familles arabes palestiniennes pour chaque “martyr” mort en attaquant des israéliens à Jérusalem, et $30.000 pour chaque famille dont la maison sera démolie par Israël après que l’un de ses occupants ait assassiné des israéliens dans une attaque terroriste.

Dans la foulée, l’Iran a annoncé que l’argent qu’il compte offrir aux familles des “martyrs” arabes sera distribué via ses propres organisations caritatives et non par l’intermédiaire de l’Autorité Palestinienne (AP), car il sait qu’une grosse partie est détournée par Mahmoud Abbas et sa clique.

Téhéran doit encore révéler les détails de cette opération, notamment le nom de l’organisation caritative et le mode de répartition.

Nabil Abu Rudeinah, porte-parole du dirigeant de l’AP Mahmoud Abbas a qualifié la mesure iranienne “d’intrusion flagrante dans les affaires intérieures palestiniennes et les affaires arabes.”

Rudeinah a déclaré “qu’il aurait mieux valu que l’Iran envoie ses fonds aux Institutions palestiniennes responsables des héros de Palestine et de leurs familles, plutôt que d’avoir recours à des méthodes biaisées et illégales,” rapporte WAFA, l’agence de presse officielle de l’AP.

Pour l’heure, un haut responsable du gouvernement iranien s’est contenté de déclarer ce weekend que son pays ne faisait pas confiance au gouvernement de Ramallah pour la redistribution, accentuant la fracture entre la faction du Fatah qui dirige l’AP et l’organisation terroriste du Hamas, courtier de l’Iran.

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Le Hamas, qui a déjà structuré au niveau régional ses quartiers généraux, par l’implantation de cellules dormantes et de relais à travers les régions contrôlées par l’AP en Judée-Samarie, en vue d’une opération de force pour priver l’AP du contrôle de ces deux régions, achèvera ainsi l’emprise totale de l’Iran sur l’OLP — l’organisation qui couvre l’AP et assure la liaison avec les Nations Unies.

Le Président du Parlement iranien Ali Larijani a souligné la semaine dernière le soutien sans faille de Téhéran à la vague de terrorisme contre Israël.

“La République islamique soutient l’intifada palestinienne et tous les groupes palestiniens dans leur combat contre le régime sioniste. Nous devrions en faire la question centrale dans tous le monde musulman,” a dit Larijani lors d’un rassemblement avec un certain nombre de groupes de “résistance” à Téhéran, a rapporté FARS ce dimanche 28 février.

L’Axe du Mal

Il est clair que l’Iran ne se contentera pas seulement d’une emprise sur l’OLP.

Téhéran a l’oeil braqué sur un objectif beaucoup plus vaste, qui se dessine à présent plus nettement que jamais, et qui est la résurrection d’un Empire Perse dans sa version moderne — ce que les analystes militaires contemporains qualifient “d’Axe du Mal” — de la même manière que le Daesch sunnite (ISIS) poursuit résolument sa marche vers la construction d’un califat mondial.

Les forces iraniennes, par leurs relais, sont déjà parvenues à s’impliquer dans les affaires intérieures du Yémen, de Syrie, du Liban, d’Egypte, de Jordanie, du Bahrein, d’Arabie Saoudite, d’Irak, d’Israël, de Cuba, du Mexique, des Etats-Unis, d’Afghanistan, du Venezuela, du Brésil, d’Argentine, du Qatar, de Turquie et beaucoup d’autres encore.

Larijani a enfin proclamé officiellement que l’Iran ne fait pas de différence entre les chi’ites et les sunnites étant donné qu’ils partagent beaucoup de points communs, ajoutant que Téhéran “soutient la cause des palestiniens (bien qu’ils soient sunnites) depuis 37 ans.”

La remarque est significative, du fait que le Corps de Garde de la Révolution iranienne et la milice du Hezbollah chi’ite libanais – un autre relais iranien – combattent les forces d’opposition sunnites aux côtés du Président Bashar al-Assad. Les forces iraniennes – qui amorcent actuellement leur retrait après avoir subi de lourdes pertes – combattent les forces musulmanes sunnites de Da’esh (ISIS) qui s’est emparée d’une portion significative de territoire en Syrie.

Mais au sud d’Israël, bien qu’un pion de l’Iran, le Hamas, groupe terroriste musulman sunnite, fournit du matériel et un support technique à Da’esh — qui opère sous le nom de “groupe Sinaï Province” dans la péninsule du Sinaï.

Nous voyons que finalement l’Iran a la volonté de s’adapter et de soutenir le terrorisme là où il se trouve, dès l’instant qu’il conjugue deux de ces trois critères :

  1. le groupe terroriste a pour but de déstabiliser la région,
  2. dans ce processus, il progresse vers l’annihilation d’Israël, et/ou
  3. il contribue à faire progresser et consolider la sphère d’influence iranienne pour atteindre le but ultime de renaissance d’un empire Perse dans sa version moderne.

Combien de temps encore avant que l’Iran établisse la jonction entre tous ses pions et tout simplement organise une réunion de concertation entre le Chef Suprême, l’Ayatollah Ali Khamenei et le dirigeant de Da’esh, Abu Bakr al-Baghdadi, tandis que le dirigeant du Hezbollah, Hassan Nasrallah et le leader du Hamas, Khaled Meshaal seront vraisemblablement invités à prendre le dessert …?

Reproduction autorisée avec la mention suivante : traduction, adaptation © Nancy Verdier pour Dreuz.info.

Image à la Une: Iran et ISIS – main dans la main. Photo Credit: JP.com graphic

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