Budget des Armées, la Grande Muette rompt le silence

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Budget des Armées, la Grande Muette rompt le silence

Armée. Dans une lettre datée du 9 Mai, Jean-Yves le Drian, ministre de la Défense, a mis en garde Manuel Valls sur les conséquences d’un coup de rabot supplémentaire dans les budgets de la Défense.

Alors que nos armées sont engagées dans des théâtres d’opérations au Mali et au Centrafrique en supportant des restrictions lourdes il semblerait que ce rabotage soit définitivement celui de trop.

Une lettre de mise en garde

Dans la lettre que s’est procuré Le Figaro, Jean-Yves le Drian rappelle qu’en 2019 son ministère aura supprimé 82 000 emplois en dix ans. A cela vient s’ajouter les 355 millions d’euros d’efforts concernant l’exercice 2014 et les 720 millions d’euros sur les crédits d’équipements de la défense opérés en 2013.

Le logiciel Louvois est également décrié. C'est un logiciel qui occasionne encore dans l’armée des retards de paiements et de soldes colossaux, retards qui ont occasionné des drames (on compte par exemple des familles de militaires expulsées de leurs domiciles pour non-paiements). Entre le prix d’achat et le cout de dysfonctionnement, la note du logiciel unique à vocation interarmées de la solde est évaluée 470 millions d’euros. Dans sa lettre Le Drian parlait d’ ailleurs d’ «efforts difficiles à réaliser dans un contexte social proche de l’exaspération».

Menaces de démissions dans l'Armée

Un budget en souffrance qui a poussé le général Pierre de Villiers, chef d’Etat-Major des Armées à se joindre aux généraux Bertrand Ract-Madoux (Terre) et Denis Mercier (air) ainsi qu’à l’amiral Bernard Rogel (mer) qui avaient déposé le 13 Mai leurs démissions sur la table, une vingtaine d’autres officiers généraux, dont de nombreux quatre étoiles seraient dans les mêmes dispositions, estimant ne pas pouvoir assumer leurs responsabilités en cas de nouvelles coupes budgétaires. L’armée fait donc bloc autour de son ministre et sort de son devoir de réserve, situation unique dans l’Histoire de la Ve République.

L'executif réfléchit

Manuel Valls a quant a lui assuré que la Loi de Programmation Militaire (190 milliards d’euros sur la période 2014-2019) sera respectée mais en précisant qu’il y aurait des «ajustements», un langage à double sens employé également par Bercy qui parle de respecter la LPM «dans ses grands équilibres», en d’autre terme, le rabot sera certes équilibré mais repassera.

La balle est maintenant dans le camp de François Hollande qui devrait rendre un arbitrage «dans les prochaines semaines».

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