Notre Clin d’oeil à l’actualité de la semaine

de Ligne Droite N° 16.08
Notre Clin d’oeil à l’actualité de la semaine
Couvert de fleurs à Wallis-et-Futuna, François Hollande s’est retrouvé couvert d’injures et de sifflets à son retour en France pour inaugurer le salon de l’agriculture. Les éleveurs et les agriculteurs, aux
t-shirts annonçant leur mort programmée, avaient oublié que notre président reste socialiste et que, pour un socialiste, la solution à toute récrimination réside dans la distribution de l’argent qu’il n’a pas. Si les lois du marché sont enseignées à l’ENA, elles doivent l’être de manière ambigüe, comme un outil à manier avec précaution. Hollande, adorateur des « partenaires sociaux » à la française, est incapable de comprendre comment fonctionnent les négociations entre producteurs et distributeurs. Il est facile de partager la colère des éleveurs mais ils se trompent partiellement de bataille, même si ce sont aussi des entrepreneurs et que l’État et Bruxelles peuvent agir en simplifiant la législation, en abaissant la fiscalité et en arrêtant de leur dire ce qu’il faut planter, ce qu’il faut élever et com-ment. Pour le reste, c’est aux consommateurs de faire savoir s’ils sont prêts à payer un peu plus cher pour préserver notre agriculture.
Alors que les médias essayent de nous faire croire qu’Emmanuel Macron est un libéral bon teint et que les livres de chevet de Manuel Valls sont signés Alexis de Tocqueville et Frédéric Bastiat, Martine Aubry publie une tribune virulente contre la politique du gouvernement, cosignée par des « intellectuels » et plusieurs personnalités socialistes et écologistes. Une charge qui entretien la zi-zanie au sein du Parti socialiste. A un peu plus d’un an de l’élection présidentielle, la maire de Lille expose sa vision : « Pour moi, une réforme n’a de sens que si demain est meilleur qu’aujourd’hui. Il faut retrouver le sens du progrès social, économique, non pas financier mais durable. ». Toujours ce credo d’un socialisme qui serait « progressiste » face à une droite forcément passéiste !
Mais Hollande n’en a cure. Entre chopes de bière et verres de vin au salon, il a bu du petit lait : le chômage a amorcé l’inversion de sa courbe en diminuant de 0,3 % en janvier pour redescendre à 5,764 millions de personnes. Qu’importe si la Dares, service des statistiques du ministère du travail, a averti que le chiffre était à prendre avec des pincettes en raison « d’une forte hausse inexpliquée du nombre de demandeurs d’emploi désinscrits, faute d’avoir procédé à l’actualisation mensuelle de leur situation au Pôle emploi.». Un tweet a circulé : « Certes, le chômage a baissé en janvier. Mais on n'avait pas vu autant de radiations depuis Tchernobyl ».
« Damned if you do, damned if you don’t ». Cette expression anglaise semble s’appliquer au référen-dum sur le brexit. Elle pourrait se traduire par « quoi que l’on fasse, on est perdant » et s’appliquer à la France pour un grand nombre de sujets. Outre-Manche, rien n’est joué !
Washington et Moscou ont annoncé, lundi 22 février, l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu en Syrie selon un communiqué commun des Etats-Unis et de la Russie. Cette interruption des hostilités semble pour l’instant respectée mais ne concerne pas les organisations terroristes Etat Islamique et Front Al-Nosra, la branche d’Al-Qaida en Syrie. Une timide lueur d’espoir dans une région qui n’en suscite guère, mais une lueur sans doute fugace car, dans cette région du Monde, rien n’est réglé et tout peut à tout moment exploser. Peu d’espoir également en ce qui concerne l’accueil des migrants en Europe. La France n’arrive pas à fermer la zone sud de la « jungle » de Calais. Les occupants ne sont pas prêts à s’éloigner des zones d’embarquement vers l’Angleterre, même pour un hébergement moins précaire. La Belgique n’a pas encore décidé de construire un mur, comme en Europe de l’est, mais elle a rétabli provisoirement ses contrôles à la frontière française par crainte d’un possible afflux de migrants en provenance de Ca-lais. L’Allemagne elle-même a perdu la trace de quelques 130000 migrants enregistrés à leur entrée.
Pourtant, dans cette crise des réfugiés, c’est encore Athènes qui se trouve dans la pire situation : suite à la fermeture de la frontière macédonienne aux réfugiés afghans, des milliers de migrants se trouvent bloqués en Grèce. Une situation qui fait craindre des violences et des évènements incontrô-lables dans un avenir proche. La Grèce ne compte aucun allié sur cette question et risque d’être bien-tôt confrontée à une crise nationale.
Trump veut dire « atout » en français et le candidat américain à l’investiture républicaine semble pour l’instant mériter ce nom. Il abat ses cartes avec succès, état après état, et semble se diriger vers une nomination comme candidat de son parti au mois de septembre. Il faudra attendre mardi prochain, jour que les Américains appellent « super Tuesday », avec onze États qui vont désigner leur candidat. Ensuite, rappelons que les Américains, après deux mandats, réélisent rarement un président issu du même parti que le sortant pour voir Trump à la Maison Blanche l’an prochain. De l’eau au moulin de notre FN qui ne cache pas sa sympathie envers certaines de ses idées.
La bonne nouvelle de la semaine aurait pu être le redressement de PSA, premier constructeur auto-mobile français, qui a annoncé mercredi avoir dégagé un bénéfice net de 1,2 milliard d’euros en 2015. Une annonce accompagnée par celle du versement à ses employés en France d’une prime d’intéressement d’une valeur moyenne de 2.000 euros par salarié. Malheureusement ce résultat doit beaucoup à la recapitalisation du groupe par l’État en 2014, mais aussi par le groupe chinois Dong-feng. Les actionnaires attendront donc un peu avant de crier victoire.
Choisissons plutôt comme bonne nouvelle le retour spectaculaire des cigognes en Alsace, d’où elles avaient presque entièrement disparu. Outre l’arrivée précoce du printemps, les plus optimistes y ver-ront l’espoir d’une poussée démographique pour notre pays !

Migrations par Paul Turbier

Face à l'afflux de réfugiés et avant de prendre des positions hâtives, il est peut-être utile d'éva-luer au préalable les risques d'un accueil éventuel afin de voir si notre pays est vraiment face à des périls, lesquels et munis de quel degré de gravité. Dans ce qui suit la population autochtone de culture latino chrétienne sera appelée le Nord et l'ensemble des migrants (récents et an-ciens) sera dénommée le Sud.
Le différentiel économique et sanitaire entre le Nord et le Sud est tel que la poussée migratoire Sud vers Nord était prévisible depuis longtemps. Les guerres qui asphyxient les pays du Sud n'ont fait qu'amplifier un mouve-ment qui s'était amorcé de façon feutrée depuis environ quarante ans. Sauf que le migrant qui ne venait jadis que pour travailler quelques années en vue d'un retour au pays vient aujourd'hui parce que la situation de guerre des pays d'origine est intenable et aussi parce que la politique sociale du Nord est attractive et qu'on y est incomparablement mieux soigné. Il n'envisage plus un retour au pays mais souhaite s'implanter.
Le premier problème qui apparaît est d'ordre économique. Pouvons-nous offrir aux arrivants un travail et un logement décent qui leur permettraient de vivre selon leur espérance ? La réponse est immédiate et négative.
Le chômage et la précarité sont ici d'un tel niveau que les possibilités d'accueil sont faibles sinon nulles. Elles ne sont décelables que pour ceux qui ont une qualification professionnelle certaine qui leur ouvrirait des portes sur le marché du travail. Mais peu des arrivants sont dans ce cas. Il en est souvent de même pour beaucoup de ceux, fils d'émigrants déjà installés qui basculent dans la délinquance pour des raisons diverses et complexes qui ne peuvent être analysées ici.
Néanmoins, si les aspects économiques étaient seuls en cause et si la gestion actuelle de nos gouvernants était sage, des espoirs pourraient être nourris à moyen terme, en particulier pour les familles qui arrivent avec des enfants scolarisables. Or le gros des effectifs est composés d'hommes entre 16 et 40 ans, dont la volonté d'assimi-lation n'est pas évidente.
C'est en particulier le cas pour les musulmans, qui forment le plus gros des effectifs. Parmi ces derniers, une minorité activiste, adossée à une majorité passive, pose un sérieux problème car elle n'a pas pour objectif de s'agréger à un substrat préexistant mais bel et bien d'importer et d'imposer une civilisation, un mode de vie et des lois issues de sa religion. Les motifs de cet activisme sont complexes avec un mélange de rancoeur postcolo-niale, de jalousie économique et, surtout, de revendications religieuses agressives. Un terrorisme armé est appa-ru, d'abord de façon sporadique, puis suivi par une montée en puissance dont l'affaire du Bataclan n'est que la plus récente étape mais non l'ultime.
Il y a donc un danger d'intrusion civilisationnelle agressive. Premier péril.
Le Sud a un très fort dynamisme démographique. Plus de 3 naissances par femme contre 1,1 à 1,3 seulement pour le Nord. Au Sud, on accouche, au Nord on avorte. Cette situation est dramatique et risque d'aboutir à une submersion démographique, car les démographes prévoient que la population autochtone sera minoritaire en France avant 2050, c'est à dire demain.
Il y a donc danger d'invasion par le nombre. Le plus grand péril est là. .
Bien que divisé par des haines intestines, le Sud est néanmoins fédéré contre le Nord par sa religion tandis que le Nord, qui a perdu la sienne, est miné de l'intérieur par l'existence dans ses rangs d'une intelligentsia idéologi-quement favorable au Sud, par l'aveuglement de ses élites politiques et par l'angélisme de ses églises. Alors que le Nord pourrait assez aisément se forger une cohésion génératrice d'une supériorité face à un Sud hétérogène et désuni, elle se met en situation de faiblesse, justement à cause de ses élites démissionnaires.
Là encore, il y a péril, par désarmement moral du Nord. Ce danger est le second en terme de gravité, après ce-lui lié à la démographie.
Une guerre de fait, à cause de ces périls, s'est donc établie avec un attaquant, le Sud, et un attaqué, le Nord. Dès lors, deux attitudes sont possibles pour l'attaqué : soit se défendre, soit se soumettre comme les Bourgeois de Ca-lais. C'est l'un ou c'est l'autre.
La majorité de la population du Nord, dans les tréfonds de son âme, n'accepte pas l'idée d'une soumission car elle sent bien que ce qui est en jeu n'est pas seulement lié à des considérations d'ordre économique mais, plus gravement, à des éléments auxquels elle est très légitimement attachée : sa culture et sa civilisation. Cet attache-ment et ce sentiment sont visibles dans toutes les couches de la société, quelles que soient les sensibilités poli-tiques ou religieuses des uns et des autres. Elle ne se sent plus protégée par ses gouvernants alors qu'elle attend d'eux lucidité et action face à une situation dramatiquement grave. Si la cécité des politiques, l'aveuglement idéologique des élites et l'angélisme des religieux perduraient, la majorité aujourd'hui silencieuse se sentirait alors dos au mur et de très graves remous sociaux apparaîtraient.
La prise en compte des risques civilisationnels qu'implique les migrations (anciennes et actuelles) sera l'enjeu des prochaines élections présidentielles. Or, aucun des candidats qui se déclarent aujourd'hui ne semble prêt à faire face. C'est grave,

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