La mision  d'un  CRS à Calais.

Voir la vidéo en fin d'article.

La matinée à été très longue, le manque de repos sur cette mission commence à se faire ressentir,

l'enchainement incessant des services à différents horaires... De jour comme de nuit, qu'il vente, pleuve, neige ..enfin !

… Nous sentons notre dégout à ne pouvoir faire du travail de police, grandir, ici et là dans des conditions dangereuses, nous sommes là et las.

En surveillance sur une Bande d'arrêt d'urgence pendant six heures,endroit où l’on dit que la durée de vie est calculée à moins de quinze minutes

statistiquement, constatant impuissants que les routiers de tous les Pays empruntant cette voie, se moquent de nous POLICIERS présents ….

Ils débouchent sur ces voies rapides sans prendre gare aux véhicules déjà sur cet axe, a toute allure,nous rasent sans ralentir, s'engagent devant

nos yeux sans respecter les règles de sécurité, les règles de priorité, le code de la route ….

Lancés à plus de 90 kilomètres heure, nous sommes frôlés par ces semi-remorques qui rajoutent au mauvais temps, une dimension surréaliste.

En d'autres endroits, notre corporation joue les cônes de LUBECK,ces fameux cônes plastique oranges aux bandes réfléchissantes qui servent à

matérialiser, un accident, un danger, des travaux... posés devant des trous dans le grillage qui coute une fortune, à chaque trou bouché ou pas,

un Policier ou deux, restent là sous les caprices des éléments et du temps, à attendre une potentielle attaque !

Les migrants viendront, un sas de sécurité à été installé, des barrières gigantesques de 4 ou 5 mètres de haut, distantes en parallèles d'un mètre cinquante

et ce sur plus de 35 kilomètres...j’en suis loin je pense.

Chaque jour, ils cassent en différents endroits, où nous ne sommes pas ! Les réparations elles aussi coutent une fortune !

Levés depuis 04-30 du matin, nous arrivons enfin à l'heure du repas, il est 13 heures et 25 minutes... Nous n’avons vu personne, pas un migrant sur notre point.

Le temps de se restaurer, reprendre la direction de notre hébergement, déchargement de l'armement collectif, douche,sans trainer, il est 15 heures quinze minutes...

Dans huit heures nous reprenons le service car la nuit prochaine nous travaillons. Ce soir, ce sera une prise de service à 23 heures 30 pour terminer en théorie à 07 heures du matin....

...Arrive l'heure de reprendre le service, les mines sont fatiguées, le bonjour bien que jovial reste animé d'une fatigue flagrante qui se lit de plis en plis sur les visages, comme une écriture.

Au rassemblement, la température de la journée est donnée, quelques grenades lancées, beaucoup d'activité sur les voies rapides mais plus encore en soirée.

En fond sonore, une radio embarquée dans l'un des véhicules recueil est active !

: “...Sur le point Golf alfa 2, ils sont au contact, ils lancent des barres de fer et des pierres, un de chez nous est touché légèrement ! Avons utilisé une dizaine de grenade MP7 !”

“2 poids-lourds sont accidentés à cause de blocs de béton déposés sur les voies rapides, les avons dégagé ! Demande de renfort de 2 véhicules …''

Pendant ce temps, il nous est rappelé le cadre de l'utilisation du lanceur de balles de défense,le lanceur de 40, c’est une arme de défense intermédiaire, dotée d’un viseur point rouge non

projeté, il lance des balles de caoutchouc et touche à plus de cinquante mètres.Son utilisation malgré tout est très règlementée et contraignante !

Il nous est rappelé également que dans le cadre de notre travail, il est autorisé aux gens de nous prendre en photo !

Les “NO BORDERS”, incitent les migrants à nous tendre des embuscades bien qu'ils n'aient pas besoin de conseil pour le faire, afin de prendre des clichés photographiques et vidéos pour trouver des

failles dans notre manière d'intervenir ou des images pour nous mettre en cause mais ils espèrent également faire un maximum de blessés dans nos rangs !

Le chargement de l'armement collectif se fait au cul du camion armurerie, des blaguounettes se lancent ici et là afin de faire oublier que nous serions mieux dans un lit bien chaud,

dans nos foyers et non sous ce crachin permanent qui nous recouvre petit à petit … Femmes et enfants ou parents pour beaucoup se trouvent être la pensée du moment

mais seront vite reléguées en second plan dans une minute ou deux.

Les rôles de chacun dan le VR (véhicule recueil) se donnent !

“Qui est habilité LBD ?”

“Moi répond Julien, comme les autres, je le prend !”

Moi je dis:“Perso, je prends en compte le lanceur COUGAR” ....Il lance des grenades au coup par coup mais avec de l’habileté, il se manie très bien et se recharge vite ! Son bruit détonnant à chaque

envoie, ressemble à un bruit de mortier.

“Ok !”, lance le chef de bord... “Qui veut des grenades à main ?”...elles se répartissent dans les gilets tactiques, qui n’ont que le nom de tactique. Il sont censé nous protéger de coup éventuels,

absorber des chocs mais aussi permettre le transport de matériel supplémentaire !

La répartition des grandes lacymo, conteneurs lacrymo étant faite, je m'emploi à mettre le gilet de grenades pour le lanceur COUGAR ! Il est lourd, il contient des grenades avec un dispositif de

retradement pour les lancer à 50 mètres et d'autres à 100 mètres.

La fermeture est cassée, sur les ondes, les effectifs que nous allons relever, se trouvent pris à partie en de nombreux endroits, il va falloir faire vite !

Les jambières sont misent, les casques vont venir se visser sur nos têtes rapidement...Le LBD (lanceur de balles de défense) et le COUGAR, sont alimentés d'une cartouche chacun,

prêts à être utilisés si besoin est ! …

A la radio, la station directrice ne sait plus où donner de la tête, il faut des renforts partout, sur presque tous les points !

Ordre nous est donné bien que nous soyons en dynamique cette nuit, de renforcer ponctuellement un point, situé juste derrière le camp des migrants, ''LA JUNGLE''.

A notre arrivée, l'atmosphère est tendue, le bleu des gyrophares inonde la couche épaisse noire de la nuit et vient se refléter sur nos visages à moitié protégés !

Les consignes prisent, nous voilà seul, deux VR montés de cinq hommes chaque, casque sur la tête ! A nos côtés, une vingtaine de personnes viennent à notre rencontre,

certains sont en treillis cam europe, bonnet ou cagoule noire. Ce sont les hommes et les femmes du collectif des CALAISIENS EN COLERE, ils tentent de protéger un maximum,

leurs biens mais aussi donnent de bonnes informations sur les évènements passés ou à venir, sans avoir peur le cas échéant, de combattre aux côtés des force de l'ordre !

Il est minuit quinze !

La semaine avant notre arrivée, ces mêmes personnes, ont apporté une aide considérable aux collègues présents ! Assaillis de tous côtés, les Policiers ont utilisé toutes leurs grenades

et se sont retrouvés face à des migrants armés de couteaux et barres de fer !

N'écoutant que leur courage, le collectif est venu se battre au coude à coude avec les forces de l'ordre qui, bien qu'ayant avisées la hiérarchie du fait de ne plus avoir de moyens intermédiaires

pour contenir les assauts répétés, ont reçu l'ordre de rester sur place !

Ca bouge, sur un petit chemin plongé dans le noir complet, ce dernier longeant la voie rapide, nous intervenons pour dégager des amas de barres de fer, blocs de béton et je ne sais encore autres

projectiles potentiels, entassés volontairement et abandonnés par un groupe de migrant qui voulaient les lancer sur les voies de circulation.

01H20 minutes, la situation est calme pour nous, les pompiers interviennent dans le camp, escortés par une de nos patrouille (5 hommes), pour un individu blessé par arme blanche !

02h00, les silhouettes au loin, traversent la petite route sur laquelle nous sommes implantés en directions d'habitations.

Ici et là, sur les ondes radio, on entend signaler des vagues de migrants par 40 ou 50 individus.

02heures et trente minutes, les riverains et amis du collectif, quittent les lieux, nous sommes plongé dans le calme de la nuit, avec un éclairage faible !

02heures et quarante cinq minutes, sur les ondes et dehors, on entend hurler que de nombreux camions sont arrêtés, assaillis par des vagues de 50 migrants, dont certains accidentés sur la voie rapide !

A pieds, en courant, nous venons prêter main forte à l'effectif originaire de l'information; dessous, une multitude de véhicules immobilisés, presque au contact les uns des autres qui

miraculeusement, ne sont pas percuté les uns les autres.

Pareil à des ''GREMLINS'', ''des PETITS DEMONS NOIR'', surgissent de toutes part des fourrés, ils prennent d'assaut les cabines de poids lourds, il sont armés de barres de fer !

C’est un déchainement de violence ! ...

La sécurité retirée, du haut du pont, quatre salves de 3 COUGARS, soit 12 grenades arrivent à mettre en fuite les assaillants qui se trouvent à 80 mètres de notre position. Nous arrivons dans l’excitation

collective , à ne pas toucher un seul camion avec nos projectiles. Repoussés par des effectifs venus en renfort sur la voie rapide, le déblais des gravas peut commencer.

A notre tour, nous arrivons à bord de notre véhicule venu nous récupérer sur ce qui ressemble à une zone de guerre, zigzaguant entre les véhicules arrêtés et les débris de toutes sortes.

Sur les ondes, ordre nous est donné de remonter sur le même axe et de prêter main forte aux collègues qui se trouvent en niveau bas de grenades, quelques 300 mètres plus haut.

A leur hauteur, notre véhicule même pas stoppé, descendons car nous constatons qu'un effectif se trouve contre la rambarde de sécurité, des projectiles arrivant presque à les atteindre;

ils sont jetés depuis une zone boisée sans que l'on puisse distinguer les individus... seuls des cris venant des fourrés dans des dialectes inconnus, parfois un ''NIQUE THE POLICE ou FUCK THE POLICE

passe au dessus des autres ou un HALLA AK BAR, VIVE DAESH''

Armé d'une lampe, david, un de ceux que nous sommes venu appuyer par le tir, braque son faisceau lumineux et me demande d'envoyer une MP7 (lacrymo donc) dans la direction d'où il pense que les

tirs arrivent. Avec 3 tirs de cougar, j'arrive enfin à saturer l'endroit et mettre en fuite le petit groupe de perturbateurs... Le vent est porteur et il faut jouer avec pour le tir mais aussi pour les effets.

Juste au dessus, 300 mètres plus loin, un groupe de 20 à 30 individus, armés de barres de fer, virulents à notre encontre, prennent le temps de jeter des panneaux de signalisation, des poteaux

métalliques arrachés plus loin et des poubelles par dizaines au milieu de la voie rapide.

Progressons avec un effectif de la 3 section, 2 cougars et 2 agents munis de conteneur lacrymo.

La progression se fait sous la protection de tirs cougar, il ripostent avec des petits objets métalliques qui s'écrasent à nos pieds en formant des étincelles et rajoutant au vacarme environnant,

des décibels.

Certains sont presque au contact, le visage barbus pour les uns, imberbe pour les autres, un âge moyen de 20 à 30 ans, robustes, les visages plein de haine, des yeux avec la flamme

meurtrière, font face. !

Il faut prendre cette partie haute, mais l’endroit d’où viennent les pierres, est caché par la végétation, les protégeant maintenant ! Avec le cougar, le tir devient tendu pour tenter

de pénétrer l'épaisse végétation, ce qui à pour effet immédiat de les faire reculer et descendre jusqu'à 'entrée du camp ! … Pendant que je m’occupe de cette partie,

les autres derrière moi, protègent mes arrières et mon latéral !

La place devenue notre, je me met en protection avec le cougar, le temps que les collègues sortent les nombreux débris accumulés... En bas, un regroupement d'une centaine d'individus

pour beaucoup masqués, vocifèrent, tendent les poings en notre direction et des barres de fer de plus d'un mètre cinquante.

D'autres sont sous le pont juste en dessous de nous, une bonne cinquantaine, qui attendent en guet-apens et ramassent de nombreux projectiles.

Un petit groupe de cinq individus rejoint ceux plus nombreux en courant, leur tendent les mains et se séparent à droite et à gauche du camp.

L'évacuation des gravats n'étant pas terminée, je reste sur le point fort, ce qui semble leur poser un problème quand tout à coup venant de droite à l'entrée du camp,

des projectiles sont jetés en notre direction pendant que d'autres tentent de se rapprocher !... Une vraie stratégie ...

J'effectue un premier tir en cloche mais la MP7 avec un DPR 100 mètres (dispositif de retardement), il ne me reste plus que ça dans le gilet, tombe juste derrière eux et le vent ne mettant

pas favorable, je décide de tirer en direction des pieds à 10 mètres devant ceux qui arrivent au contact. Le tir parfaitement exécuté, repousse les assaillants.

Rechargé rapidement, j'utilise une seconde fois le cougar pour le groupe dont les projectiles arrivent jusqu'à nous et je réussi avec l'aide du rebond sur un baraquement visé,

à atteindre ma cible. avant que les plots de lacrymo ne soient expulsés hors du corps de la grenade, un des individus tente de la saisir trop tard.

Au passage, afin de protéger un groupe de chez nous venu en soutien sous le pont et afin de couper l'assaut de migrants dans leur direction, je tire une grenade qui arrive droit

sur un homme en train de jeter des pierres sur l'effectif en bas, le percutant vers le visage....Le carton rouge étant brandi, ce dernier regagne les vestiaires sans demander son reste.

La situation maitrisée sur le point qui est maintenant tenu par d’autres effectifs de chez nous, sommes requis par notre station directrice qui, nous envoie en renfort d'un équipage

de l'autre côté du camp, endroit où nous avons commencé à grenader en début de soirée.

Sur les lieux, effectuons encore des tirs sporadiques de MP7 sur des migrants nous arrivant dessus en courant et en criant.

La nuit se terminant, sommes relevés à 06 heures 50 minutes, l'esprit calme, une nuit comme on aimerait passer plus souvent...

La vacation suivante se révèlera être beaucoup moins valorisante, le véhicule posé sur un rond point avec à vue, 2 entrées donnant sur le port, avec 2 effectifs au sol de 19 heures et trente minutes à 02 heures du matin.

Un vent d’au moins 120 kilomètres heure et une pluie battante n’épargnant même pas le dessous du pont juste à côté. En tout et pour tout, un seul migrant venu tenter sa chance sur notre point pendant que de l’autre côté de la ville, des grenades tombent à foison ! ...

(au rassemblement, on nous demande une fois de plus, de ne pas dire ce qui se passe ici aux gens que l’on connait, il faut cacher la vérité comme l’argent qui leur est donné chaque jour, les 3 repas jour offerts, la nourriture distribuée directement au camp, les vêtements dont certains sont neuf, le fait qu’il aient tous, je dis bien tous des smart phones dernière génération, ceux que l’on ne peut pas se payer en travaillant, les soins gratuits à outrance (d’ailleurs je plains les pompiers du coin), le fait qu’ils détruisent une partie de la nourriture qui leur est offerte car ils n’ont pas ce qu’ils ont commandé . . . j’en passe c’est trop long.

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