Les nouvelles formes de l’Inquisition : la méthode Joffrin

Les nouvelles formes de l’Inquisition : la méthode Joffrin

Au Moyen Âge, les inquisiteurs n’argumentaient jamais avec ceux qu’ils avaient déclarés sorcières et sorciers.

J’entendais récemment, sur une chaîne de télévision, Laurent Joffrin, le directeur du journal libéré de Rothschild (figure emblématique de la gauche-caviar), parler de la pétition lancée par Denis Tillinac et plusieurs écrivains pour empêcher que nos églises deviennent des mosquées, ce qui n’a rien d’étonnant ni de scandaleux, dans un pays de tradition chrétienne, et on a tout de même le droit de considérer que nos églises séculaires, même vides, n’ont pas vocation à devenir des mosquées.

Mais alors qu’il prenait le nom d’un des signataires de la pétition, puis d’un autre, revenait invariablement dans sa bouche l’argument décisif : « Oh, mais il est d’extrême droite ! »

Plus récemment encore, je lis que le même Laurent Joffrin étiquette les parents de Vincent Lambert comme « liés à une secte catholique d’extrême droite » et qui « n’a rien à envier aux groupes équivalents dans les autres religions, par exemple les intégristes musulmans ». Comme certains des signataires de la pétition, les raisons de leur attitude deviennent dès lors sans importance, puisqu’ils sont des intégristes d’extrême droite.

Ainsi, l’étiquette collée par lui sur tel ou tel lui suffit à démontrer que ce qu’il pense, fait, ou écrit n’est pas acceptable, qu’il n’y a pas à discuter avec lui et, surtout, cela lui évite de répondre sur le fond aux arguments. Car, enfin, qu’on soit d’extrême droite, du centre, de gauche, de droite ou, comme lui, de la gauche-caviar, ce sont avant tout les raisons et les arguments avancés qui doivent retenir l’attention, non l’étiquette collée sur tel ou tel.

Au Moyen Âge, de la même façon, les inquisiteurs n’argumentaient jamais avec ceux qu’ils avaient déclarés sorcières et sorciers. Le fait de les accuser de sorcellerie suffisait à anéantir toute objection de leur part, et à discréditer leurs actes et leurs discours. Et d’ailleurs, s’ils niaient, on leur appliquait la question, c’est-à-dire qu’on les torturait jusqu’à ce qu’ils avouent être ce qu’on voulait qu’ils soient…

Aujourd’hui, une nouvelle forme d’Inquisition se développe, dans l’Église médiatique : la méthode Joffrin. Il suffit de déclarer – à tort ou à raison – qu’un individu est d’extrême droite ou qu’il est un intégriste catholique pour qu’il devienne aussitôt quelqu’un avec qui il n’y a pas à discuter, et dont les discours sont nécessairement fallacieux, nauséabonds, sulfureux et inspirés par le Diable. Vade retro, Satana ! (« Arrière, satan ! ») disaient les exorcistes. Vade retro, qui ab extrema dextera es ! diraient nos nouveaux exorcistes, s’ils connaissaient le latin : « Arrière, toi qui es d’extrême droite ! » Et ces inquisiteurs modernes de rechercher partout si l’individu en question ne serait pas… n’aurait pas été dans une autre vie… n’aurait pas dit ou écrit quelque chose qui pourrait faire penser que… ou connu quelqu’un qui… etc, etc.

Ainsi, la méthode du moderne libérateur Joffrin ne fait que reprendre les anciennes méthodes de l’Inquisition. Et, pour se mettre en cohérence avec sa logique, ne devrait-il pas faire appliquer la question à tout individu qui a l’outrecuidance de dire ou faire ce qui n’est pas dans le dogme socialiste, ou de ne pas être d’accord avec lui, jusqu’à ce qu’il avoue qu’il est d’extrême droite ou fait partie d’un mouvement dit intégriste ?

Dès lors, la seule issue pour le contradicteur serait le bûcher médiatique, dont Laurent Joffrin, revêtu d’une cagoule et d’un habit de Torquemada réalisés par un grand couturier, tiendrait solennellement le flambeau.

Jean-Pierre Pélaez

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