Détournements de fonds et emploi fictif ??

L’Humanité condamnée ; les médias restent cois !

Détournements de fonds et emploi fictif au CCAS d’EDF : les usagers savent où va leur argent.

Le 1er octobre dernier, la Justice a, après dix ans d’instruction, lourdement condamné (pas assez à mon goût) le syndicat CGT, le PC et une de ses pompes à finances, l’Iforep,pour des faits de détournement de fonds et emplois fictifs commis au CCAS d’EDF entre 1994 et 2002. Il était temps ! Parmi les condamnés à des peines de prison avec sursis figure une sénatrice communiste, Brigitte Gonthier-Maurin, qui travaillait au PC en étant rémunérée par le CCAS d’EDF. L’ Institut de Formation, de Recherche et de Promotion Inter Echanges Jeunes (Iforep) et l’Humanité ont été condamnés à 75 000 € d’amende chacun. Comme quoi, il ne suffit pas à l’Huma d’être le journal le plus subventionné en proportion de sa diffusion (6 761 434 par an entre 2009 et 2011) et qu’elle ait bénéficié récemment de l’effacement de 40 millions d’€uros de dettes (sans modestie aucune, je vous recommande de lire ou relire Quand la presse se gave d’argent public…). La presse écrite en a parlé sans trop s’y attarder. Les télés, non. Y compris les chaînes « d’infos ».

Quand les Français entendent parler d’EDF, c’est généralement pour une hausse des tarifs, plus de 5% en moyenne chaque année. Récemment, il a beaucoup été question du remplacement et des frasques de son président Henri Proglio. Les Français intéressés par les question économiques ont pu, à condition de lire la presse économique, apprendre qu’EDF investit chaque année – via sa filiale EDF Energies Nouvelles, près d’1 milliard d’€uros dans l’énergie éolienne aux États-Unis. En pure perte car, avec l’exploitation du pétrole et du gaz de schiste, les énergies dites « propres » sont hors de prix. Mais les Français savent-ils que ce sont eux qui financent directement ces pertes par un prélèvement forfaitaire sur leur facture ? Forfaitaire signifie que, quelle que soit votre consommation, votre contribution est la même. Autrement dit, un smicard ou un retraité vivant seul et économe de sa consommation paie exactement la même somme qu’une famille huppée du XVIème qui ne lésine pas sur les bains. Savent-ils aussi que ce sont eux, toujours selon le même principe, qui financent les tarifs sociaux ? Regardez au dos de votre facture ; pour une personne seule, ces prélèvements peuvent dépasser 30% de la facture finale, qui s’joutent aux 50% de l’abonnement.

Sur cette facture, 1% est prélevé depuis 1946 pour financer le comité d’entreprise d’EDF (Conseil central des œuvres sociales CCOS devenu Caisse Centrale d’Aide Sociale), que Marcel Paul, chargé par Charles De Gaulle de la production industrielle en novembre 1945, présidera à son éviction du gouvernement en 1947 jusqu’à février 1951. De fait, le ministre communiste a fait d’EDF-GDF le bastion de la CGT. Avec, pour son comité d’entreprise, des moyens hors de proportion calculés selon un modèle exorbitant du droit commun : 1% du chiffre d’affaire de l’entreprise au lieu de 1% de la masse salariale[1]. C’est ainsi que les subventions au CCAS d’Edf atteignaient en 2012 650 millions d’€uros, soit plus de 7% de la masse salariale de l’entreprise (10% pour celui de GDF). Avec un tel pactole, la CGT peut depuis soixante-sept ans mener grand train. Par exemple, fin 2009, le CE d’EDF salariait 3 929 permanents, contre 3 800 en 2008 et 3 541 en 2007, bien payés, dotés de formidables avantages[2] et dont on verra plus loin qu’il ne travaillaient pas toujours. Mais, surtout, les CCAS d’EDF et GDF sont à la tête d’un patrimoine d’une valeur estimée à 1 milliard d’€uros. Le tout, avec la complicité de l’Etat puisque, l’entreprise étant publique, c’est avec l’aval de son représentant que la CGT en détient la gestion exclusive depuis 1962.

Seulement, voilà : ça ne leur suffit pas ! La CGT, c’est le PC. Or, pour que le pactole profite à la maison mère, ce qui ne se peut officiellement sans choquer, il y fallait quelques contorsions. D’où un système de vases communicants également pratiqué ailleurs, évidemment, mais qui, ici, atteint des sommets de sophistication. Tout y passe : les emplois fictifs, comme de juste, les contrats passés sans appels d’offre avec des entreprises de la nébuleuse communiste, évidemment, les surfacturations, of course, et les fausses factures, un classique, etc. Tout cela, on le sait ; la presse en parle à l’occasion de la publication de chaque rapport de la Cour des Comptes[3]. Mais ça ne crève que très rarement le plafond de verre de l’info télévisée et ne vient que très furtivement à l’oreille des Français moyens car seulement 5% d’entre eux lisent la presse et on peut les comprendre. L’info, pour les Français, c’est le journal télévisé de 20 heures. Or, comment voulez-vous que la télé dénonce les dérives d’un système qui l’entretient ?

Mais, me direz-vous, tous les éditorialistes de la presse écrite qui squattent nos ondes et qu’on croirait logés dans nos écrans de tv tant ils y sont omniprésents, pourquoi n’y disent-ils pas ce qu’ils écrivent dans les colonnes de leurs journaux ? Les Barbier, les Thréard, les FOG, les Apathie, les Macé-Scaron, les Askolovitch, les Polony et autres Domenach en ont-ils jamais parlé ? Non ! Pas plus que la brochette de consultants sociaux qui ont leur rond de serviette à C dans l’air. Quant au donneur de leçons urbi et orbi Edwy Plenel, il semble que cette face-là de la corruption des meurs publiques lui ait échappé. Même Zemmour ne s’y risque pas. Il est vrai que tous ont, un jour ou l’autre, fricoté avec les rouges et qu’il leur en reste sans doute quelque chose.

En réalité, je fais mine d’oublier que tout ce beau monde se tient par la barbichette. Les médias palpent très exactement autant d’argent public que les syndicats, soit environ 2,5 mds€ par an. C’est pourquoi ils se gardent de les dénoncer au risque de se faire renvoyer à leurs propres turpitudes. Du reste, 82% des journalistes étant de gauche, leurs syndicats sont de la même veine et nourris au même sein que ceux d’EDF. Alors, ils ne sont pas loin de penser comme eux que ce bon et bel argent piqué dans le porte-monnaie des smicards français est en réalité une prise de guerre, un magot enlevé de haute lutte au grand capitâl.

Plus curieux est le silence du Front national. On pourrait croire que tout ce qui peut flétrir la « bande des quatre » intéresse le parti populiste. Apparemment, ce n’est pas le cas. De deux choses l’une, ou le FN a bien plus d’adhérents qu’on ne croit chez les cégétistes ou il évite de cracher dans une soupe où il n’aspire qu’à tremper sa cuiller. Blague à part, on aimerait l’entendre plus souvent sur le thème de la confiscation du bien public par la clique de prédateurs qui nous gouvernent. Comme Florian Philippot « en » est et que Marine est « de gauche » (Sarko dixit), je verrais bien l’excellent Louis Aliot s’en charger[4].

[2] Par exemple, le « tarif agent », estimé 16 fois moins élevé que le prix moyen public, jamais réévalué et appliqué sans limites de consommation, chiffré par la Cour des Comptes à 381 m€ en 2010, l’abonnement gratuit à l’électricité y compris (222 m€ pour EDF SA, 129 m€ pour ERDF et 30 m€ pour RTE). S’y ajoutent les taxes prises en charge par EDF et GDF Suez en lieu et place des salariés et retraités de l’entreprise (30 m€ en 2010 et 71 m€ en 2011) et les sommes versées par les entreprises au titre des cotisations sociales sont sous-évaluées de 48 m€ et de 55 m€ au titre de l’impôt sur le revenu acquitté par les bénéficiaires. Par exemple, le paiement de la plus grosse part des cotisations retraite par l’employeur, c’est-à-dire, in fine, l’usager, c’est-à-dire vous et moi. C’est ainsi que, pour un salarié gagnant 2.500 euros bruts par mois, la cotisation retraite de l’employeur privé est de 15%, soit 2.875 euros par an. A EDF/GDF, elle est de 70%, soit 4.250 euros/an. Bénef net pour le salarié : 1 375 €. Autant d’avantages qui s’joutent à une multitude d’autres et étendus aux entreprises concurrentes !

[3] Lisez au moins celui-ci : c’est une bonne synthèse.

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