Hollande, Président des chrysanthèmes.

27 juillet 2014 | Par Joseph G

> Après trois jours de communication élyséenne intensive se clôturant par une réception des familles au Quai d’Orsay, notre président déclare trois jours de deuil national pour les 54 victimes françaises d’un crash au Mali.
> Aucun autre accident aérien n’a provoqué un tel émoi funéraire républicain dans l’histoire.
> Pourtant les occasions n’ont pas manqué :http://fr.wikipedia.org/wiki/Vol_708_West_Caribbean ,

> http://fr.wikipedia.org/wiki/Vol_117_Air_France , et d’autres, autrement plus sulfureuses.

> Après avoir été le fossoyeur de ses propres promesses sur la réglementation de l‘activité financière et bancaire, et de la contribution des très riches à la politique nationale,

> Après avoir enterré un butin de 50 de nos milliards dans le jardin du patronat,

> Après avoir fait le deuil de la résorption du chômage,

> Après avoir vitrifié les inspections du travail, tout en préparant la désintégration des seuils sociaux

> Après avoir semé une ambiance de Toussaint dans le pays avec sa procession permanente de licenciements,

> Après avoir conforté un atlantisme suiviste de la diplomatie française,

> Après avoir réduit en cendres toute alternative au libéralisme économique,

> Après avoir mis le droit de vote des étrangers six pieds sous terre, et confirmé la chasse institutionnelle aux étranges étrangers,

> Après avoir agité le mortifère jihad syrien ou malien pour solde de tout compte,

> Après avoir tué nombre d’élus de gauche aux municipales, et s’apprêtant à occire quelques uns des sénateurs cacochymes de son propre camp, cela avant de perdre la majorité des régions même diminuées, au profit d’une droite qui n’aura même pas besoin de se débarrasser de ses brigands et de ses escrocs de sa partie vénale pour remporter ces scrutins, cela avant même d’offrir une présidentielle sur un plateau, à l’extrême droite et aux abstentionnistes,

> Monsieur le Président cherche à nous dire qu’il nous aime pour qu’on l’aime en retour, en titillant notre compassion et nos émotions sur un simple accident aérien, avec le léger fond patriotique qui va bien.

> Sans m’étendre sur les leurres évidents que sont cette communication soutenue et cette préoccupation appliquée vis-à-vis de nos morts plutôt que de nous, les vivants, Monsieur le Président se trompe dans sa lecture de la constitution.
> Puisque contrairement aux Présidents italiens ou allemands, il dispose de tous les pouvoirs pour gouverner, et devrait justement laisser les chrysanthèmes et les médailles posthumes à des sous-fifres, mais il préfère laisser mener la politique du pays par son ancien adversaire qui n’avait récolté que 5% des voix à une élection primaire, cela avec le soutien logistique des puissants économiques.
> Monsieur le Président est un jouisseur, pas tout à fait le même que ses prédécesseurs, mais tout aussi fatigué par sa conquête du pouvoir suprême qu’il n’en fait rien, une fois arrivé.

> Plutôt que de décider et d’agir, voire d’oser faire-je sais, c’est énorme comme exigences- il préfère s’en remettre à ses communicants pour enrober sa lâcheté politique, afin de soigner son image et donner l’impression d’une quelconque existence politique élyséenne par des attributs d’humanité, même en carton.

> Ce n’est pas grave, l’important, c’est le présent pour les politiciens, enfin leur présent et leur confort douillet. Le leur, pas celui des 15% de français sous le seuil de pauvreté, des palestiniens sous le feu, des ukrainiens écrasés par la real politik, ou des esclaves travaillant dans des émirats qui investissent chez nous tout en finançant l’intégrisme liberticide… j’en passe et des bien pires.

> Bonnes vacances, Monsieur le Président.
> Profitez-en dans trois ans, va falloir retourner dans les mines bourgeoises et compliquées de Solférino, et même avec une indemnité à vie, ça sera moins le pied qu’a l’Élysée.

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