Victoire du FN : aucun des pleureurs n’ose prononcer le mot immigration

Publié le 1 juin 2014 par Jacques Guillemain - Article du nº 357

Visiblement, nos élites n’ont rien compris aux résultats des élections européennes. Pour Bernard-Henri Lévy, 25% des Français ont fait le choix du nihilisme et de la haine. Pour Alain Juppé le vote FN est incompréhensible. Pour Rama Yade, Mélenchon, Valls ou Fillon, le verdict des urnes s’apparente à une tragédie. On se demande si nous vivons encore dans une démocratie, puisque pour nos élites, le choix du peuple souverain est synonyme de catastrophe. Quel mépris ! Aucune personnalité politique n’a eu l’honnêteté de reconnaître que les Français vivaient une crise sociale et identitaire sans précédent et que leur vote exprimait un profond sentiment d’abandon de la part de leurs dirigeants, pourtant censés les écouter et les protéger. La classe politique paie le juste prix de son arrogance et de son mépris du peuple. Totalement indifférents aux sondages, qui montraient depuis des mois quelles étaient les préoccupations et les choix de société des Français, les élus n’ont fait que creuser un peu plus le fossé qui les sépare de leurs électeurs. Pareil aveuglement laisse pantois.

Quand 92% des citoyens souhaitent l’instauration d’une perpétuité réelle, le gouvernement veut vider les prisons. Quand 56% des Français avouent ne se sentir en sécurité nulle part, seulement une infraction sur cinquante est punie de prison ferme et un grand nombre de ces peines ne sont même pas exécutées, selon l’Institut pour la Justice. Quand 74% des citoyens jugent que l’islam n’est pas compatible avec nos valeurs républicaines, on assiste à une forte islamisation de la société et on recense 2400 mosquées en France, soit une augmentation de 50% en dix ans. Quand 72% des Français estiment qu’on ne défend pas suffisamment nos valeurs, nos élites abandonnent les symboles républicains et malmènent notre histoire, au mépris de nos racines et de notre héritage culturel. Quand 70% des Français considèrent qu’il y a trop d’étrangers en France et que l’intégration est un échec, on continue d’ouvrir les frontières et de naturaliser à tout va, en clamant que l’immigration est une chance pour la France. Or, tous ces sujets majeurs, qui conditionnent la société française de demain, donc celle que nous lèguerons à nos enfants, ont été superbement ignorés lors du débat qui a suivi les résultats des élections européennes.

Pas un seul intervenant n’a cité le mot « immigration » pour expliquer le vote FN, alors que c’est la motivation première qui a poussé un quart des électeurs à voter Marine Le Pen. Tous les commentaires se sont focalisés sur le seul rejet de l’Europe. Quelle hypocrisie, quel déni des réalités. Alors que Marine Le Pen ne cesse de défendre les valeurs républicaines et la laïcité, alors qu’elle se veut la « garante de la libre expression et de la libre pensée, de la diversité des opinions dans les medias et dans la presse », la classe politique n’a eu de cesse de museler les citoyens s’opposant à la dictature de la pensée unique. Nous sommes à des années lumière d’un FN fasciste et néo nazi que nous dépeignent les ayatollahs du politiquement correct depuis plus de vingt ans. Quand la droite confisque au peuple son « non » à la Constitution Européenne, quand la gauche impose de force le mariage pour tous, alors que Marine le Pen veut rendre la parole au peuple pour décider de son destin, les caciques de l’UMP et du PS sont vraiment mal placés pour se poser en modèle républicain garant de la démocratie.

Marine Le Pen aime la France et les Français et a de grandes ambitions pour son pays. C’est ce qui fait sa force et plaît au peuple qui se sent trahi depuis trop longtemps. Il serait temps que la caste dirigeante ouvre les yeux, au lieu de se discréditer dans un pitoyable concert de lamentations et d’agiter obstinément un épouvantail qui ne fait plus du tout peur aux Français.

Jacques Guillemain

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