Accompagnatrices voilées : Hamon livre l’école laïque aux soldates de l’islam

Publié le 13 mai 2014 par Martine Chapouton - Article du nº 355

https://www.youtube.com/watch?v=InsdG5SC1WM

L’interview du nouveau ministre de l’Education nationale, Benoit Hamon, par Jean-Jacques Bourdin, plus lèche-babouches que jamais, mériterait d’être disséquée dans les écoles de journalisme. Remarquons d’abord le ton inquisiteur de l’animateur : « Est-ce que c’est juste d’interdire à une maman qui porte juste le foulard d’accompagner ses enfants lors d’une sortie scolaire ?« . Et Bourdin, tout au long de l’interview, martèlera cette question : « Est-ce que c’est juste ? »

A entendre le ton de la question, manifestement, selon lui, c’est la pire des injustices. On sent d’ailleurs Benoit Hamon dans ses petits souliers. Il tente laborieusement d’expliquer qu’il y a la circulaire Chatel qui l’interdit, mais que celle-ci est adaptée, depuis longtemps, sur le terrain, en fonction des réalités. Décodage : la circulaire d’un ministre de la République n’est pas appliquée par le personnel scolaire, dès que les musulmans font pression sur l’institution. On le savait déjà, mais cela va mieux en le disant.

Un ministre de la République laïque aurait eu cette réponse, pour calmer Bourdin : « Non seulement c’est juste, mais c’est nécessaire, car une sortie scolaire, c’est un projet pédagogique qui s’inscrit dans les programmes de l’Education nationale. A partir de là, les accompagnatrices sont soumises aux mêmes règles que les enseignants, et doivent respecter la neutralité de l’école publique et laïque. Imaginez une femme qui vienne avec un grand crucifix, ou bien des loubavitch avec leurs frisettes, cela serait tout autant inadmissible« .

Nous ajouterons que les mères voilées qui revendiquent de participer aux sorties scolaires ne sont pas dans une démarche innocente, hors du temps. Elles sont, sous leur air inoffensif, des petites soldates de l’offensive de l’islam sur l’ensemble de la société, pour faire céder, une à une, toutes les digues laïques qui préservent encore notre société en cantonnant l’expression religieuse dans le seul domaine privé.

Ce débat n’est pas nouveau. Il date de la loi du 15 mars 2004, qui interdisait les signes religieux, dont le voile, à l’école. Ce projet de loi, qui a eu le mérite d’exister, et de mettre fin à l’offensive du voile chez des fillettes instrumentalisées, a eu au moins trois carences essentielles :

1) Il n’a pas clarifié les choses pour les accompagnatrices voilées, souvent des mères, et, douze ans après, on constate que les circulaires d’un ministre – par ailleurs de droite - sont bafouées, avec la complicité du personnel (souvent de gauche) de l’Education nationale.

2) Il s’est cantonné à l’école publique, laissant donc les écoles confessionnelles, pourtant payées fortement par le contribuable, et signataires de conventions avec l’Etat, gérer la question. Le résultat est là : dans de nombreuses écoles musulmanes, mais aussi catholiques, les jeunes filles portent à nouveau le voile en classe. On ne peut mieux favoriser la communautarisation de l’Education nationale.

3) A l’université, malgré son statut public, la loi ne s’applique pas. Le pire est que des personnes connues par leur défense de la République laïque, comme la philosophe Catherine Kintzler, justifient, au nom d’une laïcité non totalitaire, cette ahurissante disposition, argumentant que les élèves sont majeures !

Hamon nous donc le coup du cas par cas. Il nous rappelle, par sa lâcheté, Jospin en 1989, confronté aux premiers voiles d’élèves, au collège de Creil. Le cas par cas, cela voudra dire que c’est le rapport de forces qui l’emportera. Comment un enseignant, ou un directeur d’école, pourra-t-il durablement s’opposer au voile des mamans, quand on saura que dans la même ville, dans un autre établissement scolaire, c’est permis. Cette décision est un véritable coup de poignard donné aux derniers laïques qui demeurent dans l’Education nationale. Nous nous souvenons que la regrettée Brigitte Bayle, enseignante à Marseille, était la seule, dans son école, à refuser la présence d’accompagnatrices voilées lors des sorties scolaires. Minoritaire, elle avait décidé de régler la question à sa façon, afin d’éviter les sanctions : elle avait arrêté les sorties scolaires pour sa classe, tout simplement. D’autres enseignants seront traînés devant les tribunaux, comme Laurence Bonzani ou Josiane Tatin, pour avoir refusé ces accompagnatrices voilées, lors de sorties scolaires. Cette question avait été l’objet, à l’époque où les échanges avec Caroline Fourest étaient encore possibles (cela remonte à bien loin) d’une divergence exprimée sur un des premiers numéros de Riposte Laïque.

http://ripostelaique.com/Reponse-de-Riposte-Laique-a.html

Dans ce débat, celle qui n’était encore que la directrice de Prochoix faisait part de ses doutes (alors qu’elle avait déjà exprimé son opposition à l’interdiction, lors d’un débat avec notre ami gauchiste Jean-François Chalot). Depuis, le doute n’est plus de mise, les évolutions de la protégée de BHL lui faisant soutenir le voile lors des sorties scolaires.

La conclusion de ce débat récurrent : on ne s’en sortira pas, en France, tant qu’on n’aura pas interdit le port du voile, et la visibilité de l’islam sur l’ensemble du territoire. Brigitte Bayle, toujours, dans une réponse à Henri Pena Ruiz, expliquait les raisons pour lesquelles défendre la laïcité, en France, c’était se battre pour l’interdiction du voile.

http://ripostelaique.com/Je-suis-pour-l-interdiction-du.html

Seule à ce jour, Marine Le Pen a repris partiellement cette proposition… Allo Mélenchon ?…

Martine Chapouton

Retour à l'accueil