Les Français ne veulent pas croire que leur France va mourir!!

Les Français ne veulent pas croire que leur France va mourir

Publié le 17 mars 2014 par Maurice Vidal - Article du nº 347

Pendant que le Chef de l’Etat réaffirme la compatibilité de l’islam et de la République, qu’un penseur comme Edgar Morin qualifie le foulard islamique de « chose anodine, beaucoup plus anodine qu’une croix » (1), que Jean-Luc Mélenchon ne conçoit point l’avenir de la France « sans les Arabes et les Berbères du Maghreb », que l’on construit de plus en plus de mosquées malgré la mise en garde des renseignements généraux contre les prêches majoritairement anti-occidentaux qui s’y prononcent, qu’il est fait obligation à celui qui souhaite épouser une musulmane de se convertir à l’islam, que chaque 15 mars, depuis déjà 9 ans, des slogans exigeant l’abrogation de la loi sur les signes religieux à l’école retentissent un peu partout en France, que des tracts électoraux sont rédigés en arabe, et qu’il faudra bientôt parler l’arabe pour respecter la communauté musulmane, résonnent en moi les paroles du fou nietzschéen qui se demandait où Dieu était allé puisque personne ne le trouvait et qui, brusquement, donna la réponse : Dieu ne s’est ni égaré, ni embarqué, ni caché. Il n’a pas émigré, et n’a pas eu peur de nous. Simplement, « nous l’avons tué… vous et moi !» (2).

« Mais comment avons-nous fait cela ? »ajoute aussitôt Nietzsche. « Comment avons-nous pu vider la mer ? Qui nous a donné l’éponge pour effacer l’horizon ? » (3).

Et vous, hommes d’Etat, hommes politiques, hommes de loi, qu’avez-vous fait lorsqu’à force d’« accommodements raisonnables », vous avez rompu le cordon ombilical qui liait notre patrie au soleil ? « Où va-t-elle maintenant ? Où allons-nous nous-mêmes, loin de tous les soleils ? Ne tombons-nous pas sans cesse, en avant, en arrière, de tous les côtés ? Y a-t-il encore un en haut et un en bas ? N’errons-nous pas comme à travers un néant infini ? Ne sentons-nous pas le souffle du vide sur notre face ? Ne fait-il pas de plus en plus froid ? Ne voyez-vous pas sans cesse venir la nuit, toujours plus de nuit ?» (4). N’entendons-nous pas monter le cri triomphant des nouvelles valeurs qui, bien que vieilles de 1400 ans, se présentent comme le rajeunissement nécessaire de toute l’humanité ? Par quels moyens allons-nous les assimiler ? Et d’abord, qu’allons-nous faire de la décomposition de nos propres valeurs ? Pouvons-nous, ne serait-ce qu’une seconde, songer au désarroi de ceux qui naîtront après nous et qui apprendront, tôt ou tard, ce qu’était la France d’avant la mort de la France ? Comment supporteront-ils de se savoir dépossédés, par notre faute, de ce que la France a connu de plus beau et de plus sacré quand elle était la France ? Comment nous jugeront-ils, « nous les meurtriers d’entre les meurtriers » (5) ?

Il reste, hélas ! que l’heure n’est toujours pas à la prise de conscience : la clarté aveugle lorsqu’elle est trop vive. Nous ne pouvons donc voir un événement aussi énorme que celui de la mort de la France, pas plus que nous ne voyons notre doigt s’il est contre notre œil. La mort de la France dépasse la France ! Cette mort est là, devant nous, mais elle n’est pas parvenue jusqu’à nous. Comme le dit Nietzsche : « Il faut du temps à l’éclair et au tonnerre, il faut du temps à la lumière des astres, il faut du temps aux actions, mêmes lorsqu’elles sont accomplies, pour être vues et entendues » (6).

Le pire, c’est qu’il faut plus de temps encore à ceux-là mêmes qui les ont accomplies… comme il faut un temps quasiment infini pour qu’une lanterne puisse éclairer en plein midi !

Maurice Vidal

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