Tous les moyens sont bons pour bloquer l'opposition!

Nouvelles règles aux municipales : encore un recul pour la démocratie !

L'élection municipale est l'une des plus difficiles. Hormis la Présidentielle. Rien n'est fait pour faciliter la démocratie. La plupart des citoyens ignorent que personne ne peut se présenter aux municipales sans avoir avec lui une liste de "colistiers" calculée en fonction du nombre d'habitants. Pour une ville moyenne de 44 000 habitants, c'est 43 colistiers à parité. C'est donc la course aux colistiers en faisant attention de ne pas avoir plus d'hommes que de femmes. Sinon impossible de vous présenter sans ces deux conditions remplies.

Lorsque que vous avez réussi à avoir votre nombre de colistiers, il vous faudra passer par les fourches caudines de la Préfecture. Puis satisfaire aux normes et faire attention à votre compte de campagne.

Au soir de l'élection vous croyez que c'est la proportionnelle qui est la norme. Surprise, c'est la liste arrivée la première qui emporte le morceau du roi puisque la prime majoritaire est la moitié des sièges à pourvoir plus un ! (Une majorité d'office)! Le reste des sièges à pourvoir est ensuite redistribué à la proportionnelle à l'ensemble de toutes les listes ce qui fait qu'en plus de la moitié des sièges plus un, s'ajoute une autre majorité de sièges. Tout cela pour une différence possible de 1% entre les deux premières listes.

C'est la démocratie à la Française. La même qui fait qu'un Hollande a été élu avec 28% des électeurs inscrits.

N'hésitez pas à aider les listes défendant la souveraineté française et luttant pour une vraie démocratie.

Gérard Brazon

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S’il est une collectivité dans laquelle la démocratie a un sens, c’est bien la commune, particulièrement quand elle est petite. Dans celle-ci, tout le monde peut se connaître, les problèmes qui s’y posent sont tangibles et compréhensibles pour tous. De vraies discussions quant aux solutions peuvent avoir lieu. C’est pourquoi les listes qui se présentent aux suffrages lors des élections municipales sont rarement partisanes et s’opposent, le plus souvent, sur des questions concrètes. Le revers de cette proximité et de ce petit nombre d’habitants est qu’il est parfois difficile de se présenter contre une municipalité sortante. C’est toujours contre un voisin, un ami, un parent qu’on se présente et, les esprits s’enflammant facilement pendant une campagne, on peut craindre des fâcheries fâcheuses. Sans compter un clientélisme peut-être plus sensible que dans les grandes villes.

Pour pallier ces difficultés et permettre l’expression d’une opposition sans laquelle se développeraient des féodalités locales, le législateur a prévu un mode de scrutin différent en-dessous d’un certain seuil de population. Dans ces communes, il est possible de présenter des listes incomplètes, voire de présenter une candidature individuelle ; ces listes ne sont pas tenues à la parité ; les électeurs peuvent panacher les listes. Jusqu’à cette année, le seuil était fixé à 3.500 habitants. Il sera de 1.000 à partir des élections du mois de mars (loi du 17 mai 2013).

Le risque immédiat de cet abaissement est la disparition de fait de toute possibilité d’opposition. Dans une commune de 1.000 habitants il faudra présenter une liste de 15 candidats dont au moins 7 femmes. Soit 1,5 % de la population. Monter une deuxième liste implique que 3 % des habitants (y compris les enfants…) soient candidats. Par comparaison, il faut 163 candidats pour présenter des listes dans tous les arrondissements de Paris, soit 0,7 % des habitants, deux fois moins que dans une commune de 1.000 habitants alors que l’anonymat d’une grande ville facilite les candidatures. Sans compter qu’il ne peut y avoir plus de deux membres de la même famille (ascendants et descendants) dans un conseil municipal.

Il est à craindre que seuls les puissants, politiquement ou économiquement, ou leurs clients aient la possibilité de se présenter. Il est symptomatique que pas un seul parti politique national n’ait protesté contre cette réforme : ils doivent y trouver leur compte. Tranquillement se met en place en France un régime politique oligarchique fossoyeur de la démocratie.

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