Rose a vu qui creusait le trou de la Sécu…

4 heures aux urgences : j’ai vu qui creusait le trou de la Sécu…

Publié le 3 décembre 2013 par Rose Martin - Article du nº 332

Suite à une malencontreuse chute, je n’ai pas d’autre choix ce samedi que de me rendre aux urgences. L’hôpital Saint-Louis est le plus proche de mon domicile.

Il n’y a pas trop de monde, peut-être une quarantaine de personnes mais je devrai attendre quatre heures pour être examinée par un médecin. J’ai donc le temps d’observer. 7 personnes sur dix sont arabes, 2 sont noires et 1 est blanche. L’appel des noms confirme l’origine musulmane des patients, majoritairement des hommes venus à deux ou trois, des Rachid, Mohamed, Moussa, Abdelrhamane… Je comprends pourquoi l’infirmière insiste fermement pour que seul le patient concerné pénètre dans la salle d’examen. De nombreux faits divers relatent régulièrement des agressions dans les hôpitaux suite à des exigences non satisfaites, quand toute une famille s’en mêle.

De l’accueil fusent des mots comme CMU, AME ou « vous n’avez pas de carte d’identité avec une photo ? ». Il faut savoir qu’aux urgences, on ne paie pas sur le champ, on reçoit une facture à son domicile. Alors quand on n’a pas de domicile ou d’adresse valide, on ne reçoit pas la facture ou on la reçoit mais on ne la paie pas, autant d’argent qui ne rentre pas dans les caisses de la sécurité sociale.

Finalement, je suis reçue par un médecin compétent et expérimenté. Il est sympathique et nous bavardons pendant l’examen. J’en profite pour lui demander pourquoi il y a tant d’arabes aux urgences. Les infirmières confirment, c’est comme ça tous les jours, beaucoup d’arabes et quelques noirs.

Le médecin me répond « ils ne consultent pas de généraliste » …

J’ai compris. Chez le généraliste, il faut payer la consultation sur le champ. Aux urgences on paiera plus tard ou jamais.

Alors quand on nous parle de l’encombrement des urgences et du déficit de la sécurité sociale, il faudrait peut-être nous en expliquer les véritables causes : trop de personnes soignées gratuitement de gré (AME, CMU) ou de force (factures impayées) et dettes médicales de l’Algérie éternellement en instance.

En octobre 2012,selon RMC, la dette de l’Algérie était de 20 millions d’euros, suivaient ensuite le Maroc , la Tunisie et les pays du Golfe. Au total, la dette hospitalière se montait à 50 millions d’euros.

Patrick Pelloux, le Président de la Fédération des Médecins urgentistes hospitaliers de France le soulignait : « On est dans une crise monstrueuse,. Les économies qui sont demandées aux hôpitaux sont épouvantables, ça nous étrangle, pendant qu’il y a des mecs qui sont venus et qui ont laissé des ardoises. Je suis le premier à défendre le fait qu’il faut accueillir tout le monde. Mais il arrive un moment quand vous voyez que ceux qui laissent des ardoises peuvent parfaitement payer ou que ce sont des pays qui demandaient de l’aide pour un de leurs ressortissants et qui ne payent pas, c’est malhonnête. Les auditeurs d’RMC, quand ils consultent, ils reçoivent des factures. Même des puissants, il faut qu’ils payent aussi».

J’ai donc de mes yeux vu qui creusait le trou de la sécurité sociale que le gouvernement voudrait combler en taxant davantage les Français qui payent leurs factures médicales et leurs impôts.

A l’approche de Noël, de nombreuses organisations caritatives appellent à donner, donner et encore donner. Une tradition louable et respectée par les Français. Mais à force de donner et de recevoir des coups en retour, les Français aimeraient bien qu’on en appelle à la réciprocité plutôt qu’au don dans un puits sans fond.

De tradition Chrétienne, tous les Français voudraient bien adhérer aux paroles de Jésus «Si quelqu’un te frappe sur la joue droite, présente-lui aussi l’autre» (Matthieu (5,39) .. Mais à force de tendre la joue gauche de gauche, les Français ont trop mal pour persévérer dans le pardon et la générosité désintéressée. Aujourd’hui les Français attendent de la réciprocité, à commencer par le paiement de la dette hospitalière.

Rose Martin

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