On ne nous dit pas tout!!!

Le porte-à-porte pour "endiguer le vote Front national"

Floriane Dumazert, publié le 16/11/2013 à 09:00

Une étude, menée par la société de conseil Liegey Muller Pons, montre que le porte-à-porte a fait basculer le vote d'un électeur sur cinq, qui s'apprêtait à voter pour Marine Le Pen et a finalement choisi François Hollande. Guillaume Liegey, cofondateur de la société, revient sur cette enquête.

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Le porte-à-porte pour "endiguer le vote Front national"

D'après leur enquête, trois chercheurs, qui ont piloté la campagne de porte-à-porte de François Hollande en 2012, prouvent que cette technique a modifié le vote d'un électeur du Front national sur cinq.

afp.com/Jacques Demarthon

La société Liegey Muller Pons, dont vous êtes le cofondateur, vient de publier une enquête sur l'impact du porte-à-porte dans la campagne présidentielle de François Hollande. Une stratégie électorale que vous avez supervisée pour le candidat socialiste. Quels sont, selon vous, les avantages de ce procédé?

Le porte-à-porte permet de toucher les électeurs, grâce à un contact direct, beaucoup plus efficace que les mails, les appels téléphoniques ou le tractage. Les vrais gens parlent aux vrais gens. Les volontaires expliquent pourquoi la politique compte encore pour eux et construisent un lien avec les électeurs déçus de la politique. Malheureusement, les politiques le pratiquent peu, parfois par peur de ne pas avoir d'arguments lors des rencontres.

Ce procédé permet aussi de cibler les électeurs importants pour nos partis. Très peu de personnes changent d'avis politiquement, alors on élimine certains électeurs. Soit il faut convaincre ceux qui votent pour les autres candidats de voter pour nous, soit mobiliser les abstentionnistes de notre parti. Dans ce dernier cas, le porte-à-porte fonctionne.
La conclusion de votre enquête est, qu'aux présidentielles 2012, un électeur du FN sur cinq a changé d'avis grâce au porte-à-porte pour finalement voter pour le candidat socialiste. Comment êtes-vous arrivé à ce résultat?

Nous avons sélectionné au hasard 22 000 bureaux de vote, un échantillon suffisament important pour pouvoir l'analyser. Des volontaires ont fait du porte-à-porte, pour le candidat socialiste, auprès des électeurs de 80% des bureaux de vote. Dans les 20% restants, nous ne sommes pas intervenus. Nous avons ensuite comparé les résultats de l'élection présidentielle dans ces deux groupes.

A

Le porte-à-porte pour "endiguer le vote Front national"

Floriane Dumazert, publié le 16/11/2013 à 09:00

Une étude, menée par la société de conseil Liegey Muller Pons, montre que le porte-à-porte a fait basculer le vote d'un électeur sur cinq, qui s'apprêtait à voter pour Marine Le Pen et a finalement choisi François Hollande. Guillaume Liegey, cofondateur de la société, revient sur cette enquête.

D'après leur enquête, trois chercheurs, qui ont piloté la campagne de porte-à-porte de François Hollande en 2012, prouvent que cette technique a modifié le vote d'un électeur du Front national sur cinq.

afp.com/Jacques Demarthon

La société Liegey Muller Pons, dont vous êtes le cofondateur, vient de publier une enquête sur l'impact du porte-à-porte dans la campagne présidentielle de François Hollande. Une stratégie électorale que vous avez supervisée pour le candidat socialiste. Quels sont, selon vous, les avantages de ce procédé?

Le porte-à-porte permet de toucher les électeurs, grâce à un contact direct, beaucoup plus efficace que les mails, les appels téléphoniques ou le tractage. Les vrais gens parlent aux vrais gens. Les volontaires expliquent pourquoi la politique compte encore pour eux et construisent un lien avec les électeurs déçus de la politique. Malheureusement, les politiques le pratiquent peu, parfois par peur de ne pas avoir d'arguments lors des rencontres.

Ce procédé permet aussi de cibler les électeurs importants pour nos partis. Très peu de personnes changent d'avis politiquement, alors on élimine certains électeurs. Soit il faut convaincre ceux qui votent pour les autres candidats de voter pour nous, soit mobiliser les abstentionnistes de notre parti. Dans ce dernier cas, le porte-à-porte fonctionne.
La conclusion de votre enquête est, qu'aux présidentielles 2012, un électeur du FN sur cinq a changé d'avis grâce au porte-à-porte pour finalement voter pour le candidat socialiste. Comment êtes-vous arrivé à ce résultat?

Nous avons sélectionné au hasard 22 000 bureaux de vote, un échantillon suffisament important pour pouvoir l'analyser. Des volontaires ont fait du porte-à-porte, pour le candidat socialiste, auprès des électeurs de 80% des bureaux de vote. Dans les 20% restants, nous ne sommes pas intervenus. Nous avons ensuite comparé les résultats de l'élection présidentielle dans ces deux groupes.

Au premier tour de la présidentielle, chez les électeurs que nous avions rencontrés, le vote pour François Hollande augmentait de 3,1 points et il était systématiquement plus faible pour Marine Le Pen. Le porte-à-porte est la seule différence entre les deux groupes, et donc ce qui explique l'écart de voix. Conclusion: les voix supplémentaires pour le candidat socialiste venaient d'électeurs qui, sans le porte-à-porte, auraient voté pour Marine Le Pen. Certains électeurs votent pour le Front national car ils se sentent éloignés de la politique. En les écoutant, nous les avons convaincu de changer leur vote.

Votre étude s'intitule "le jour où le FN a reculé". A terme, vous pensez que le porte-à-porte peut endiguer le vote Front national?

Nous en sommes convaincus. Cela serait une conséquence bienheureuse du travail que nous menons aujourd'hui. Mais cela suppose que les partis politiques traditionnels arrivent à recréer le contact avec l'électorat populaire.

Grâce au porte-à-porte, les militants vont dans des quartiers où ils n'ont pas l'habitude d'aller et ouvrent leur vision du monde. C'est très important en politique, et très difficile aussi. Certaines pratiques de campagne sont très ancrées, et démocratiser le porte-à-porte va prendre du temps.

Vous avez participé à la campagne de porte-à-porte de François Hollande en 2012. Cette stratégie va-t-elle être utilisée pour les municipales de 2014?

Bien sûr! 95% des volontaires qui ont participé au porte-à-porte lors de la campagne de François Hollande ont déclaré vouloir poursuivre cette stratégie. Beaucoup de candidats aux municipales font déjà du porte-à-porte. Mais le Parti socialiste reste celui qui a le plus d'expérience dans ce domaine.

Le FN aussi fait du porte-à-porte. C'est pour nous une raison supplémentaire de s'investir, car cela devient la norme. Le porte-à-porte n'est pas un secret pour gagner les élections. Tous les candidats savent qu'il fonctionne!

En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/actualite/politique/le-porte-a-porte-pour-endiguer-le-vote-front-national_1300026.html#j5gfvbYkPISJAC0d.99

Le porte-à-porte pour "endiguer le vote Front national"

Floriane Dumazert, publié le 16/11/2013 à 09:00

Une étude, menée par la société de conseil Liegey Muller Pons, montre que le porte-à-porte a fait basculer le vote d'un électeur sur cinq, qui s'apprêtait à voter pour Marine Le Pen et a finalement choisi François Hollande. Guillaume Liegey, cofondateur de la société, revient sur cette enquête.

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D'après leur enquête, trois chercheurs, qui ont piloté la campagne de porte-à-porte de François Hollande en 2012, prouvent que cette technique a modifié le vote d'un électeur du Front national sur cinq.

afp.com/Jacques Demarthon

La société Liegey Muller Pons, dont vous êtes le cofondateur, vient de publier une enquête sur l'impact du porte-à-porte dans la campagne présidentielle de François Hollande. Une stratégie électorale que vous avez supervisée pour le candidat socialiste. Quels sont, selon vous, les avantages de ce procédé?

Le porte-à-porte permet de toucher les électeurs, grâce à un contact direct, beaucoup plus efficace que les mails, les appels téléphoniques ou le tractage. Les vrais gens parlent aux vrais gens. Les volontaires expliquent pourquoi la politique compte encore pour eux et construisent un lien avec les électeurs déçus de la politique. Malheureusement, les politiques le pratiquent peu, parfois par peur de ne pas avoir d'arguments lors des rencontres.

Ce procédé permet aussi de cibler les électeurs importants pour nos partis. Très peu de personnes changent d'avis politiquement, alors on élimine certains électeurs. Soit il faut convaincre ceux qui votent pour les autres candidats de voter pour nous, soit mobiliser les abstentionnistes de notre parti. Dans ce dernier cas, le porte-à-porte fonctionne.

La conclusion de votre enquête est, qu'aux présidentielles 2012, un électeur du FN sur cinq a changé d'avis grâce au porte-à-porte pour finalement voter pour le candidat socialiste. Comment êtes-vous arrivé à ce résultat?

Nous avons sélectionné au hasard 22 000 bureaux de vote, un échantillon suffisament important pour pouvoir l'analyser. Des volontaires ont fait du porte-à-porte, pour le candidat socialiste, auprès des électeurs de 80% des bureaux de vote. Dans les 20% restants, nous ne sommes pas intervenus. Nous avons ensuite comparé les résultats de l'élection présidentielle dans ces deux groupes.

Au premier tour de la présidentielle, chez les électeurs que nous avions rencontrés, le vote pour François Hollande augmentait de 3,1 points et il était systématiquement plus faible pour Marine Le Pen. Le porte-à-porte est la seule différence entre les deux groupes, et donc ce qui explique l'écart de voix. Conclusion: les voix supplémentaires pour le candidat socialiste venaient d'électeurs qui, sans le porte-à-porte, auraient voté pour Marine Le Pen. Certains électeurs votent pour le Front national car ils se sentent éloignés de la politique. En les écoutant, nous les avons convaincu de changer leur vote.

Votre étude s'intitule "le jour où le FN a reculé". A terme, vous pensez que le porte-à-porte peut endiguer le vote Front national?

Nous en sommes convaincus. Cela serait une conséquence bienheureuse du travail que nous menons aujourd'hui. Mais cela suppose que les partis politiques traditionnels arrivent à recréer le contact avec l'électorat populaire.

Grâce au porte-à-porte, les militants vont dans des quartiers où ils n'ont pas l'habitude d'aller et ouvrent leur vision du monde. C'est très important en politique, et très difficile aussi. Certaines pratiques de campagne sont très ancrées, et démocratiser le porte-à-porte va prendre du temps.

Vous avez participé à la campagne de porte-à-porte de François Hollande en 2012. Cette stratégie va-t-elle être utilisée pour les municipales de 2014?

Bien sûr! 95% des volontaires qui ont participé au porte-à-porte lors de la campagne de François Hollande ont déclaré vouloir poursuivre cette stratégie. Beaucoup de candidats aux municipales font déjà du porte-à-porte. Mais le Parti socialiste reste celui qui a le plus d'expérience dans ce domaine.

Le FN aussi fait du porte-à-porte. C'est pour nous une raison supplémentaire de s'investir, car cela devient la norme. Le porte-à-porte n'est pas un secret pour gagner les élections. Tous les candidats savent qu'il fonctionne!

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