François Hollande a pu pleinement profiter des quelques heures de détente qu’il a passées dans la Principauté.


Les vacances de Monsieur H…

Le 15 novembre 2013

On oublie tout sous le soleil de Monaco, pour reprendre au mot près le plus grand succès de Luis Mariano. Oubliées les mauvaises nouvelles qui volaient en escadrilles dans le ciel brumeux de l’Ile-de-France. Oublié l’incroyable sondage qui, selon le Huffington Post et i>Télé, n’accorderait plus que 15 % de jugements positifs au président de la République, oublié le rejet par le Sénat du budget de la Sécurité sociale, oublié le recul de 0,1 % du PIB au troisième trimestre, oublié l’enlèvement d’un prêtre au Cameroun.

D’autres vont se changer les idées à Disneyland, François Hollande a pu pleinement profiter des quelques heures de détente qu’il a passées dans la Principauté.

Certes, Valérie Trierweiler n’était pas du voyage et la princesse Charlène brillait par son absence. Certes, la princesse Caroline était retenue par un colloque médical et la princesse Stéphanie assurait la garde des deux éléphants qui ont récemment trouvé l’asile politique sur le Rocher. Mais le prince Albert, ce joyeux drille, était là pour accueillir son illustre visiteur. Certes, le président français a soigneusement évité tout ce qui aurait pu ressembler à un bain de foule. Mais force est de constater que ni les routiers, ni les agriculteurs, ni les ouvriers, ni les patrons, ni les syndicats, ni les bonnets rouges monégasques n’avaient appelé à manifester contre un chef de l’État tout surpris de ne susciter ni contestation ni huées ni sifflets.

Aussi est-ce dans la sérénité que les deux partenaires ont paraphé cinq actes de coopération entre leurs deux pays, qu’ils ont pu parler football et évoquer l’éventuel aménagement de la surtaxassions des vedettes de l’A.S. Monaco. Pour finir, François Hollande a adressé une allocution aux poissons du Musée océanographique, qui en sont restés muets d’étonnement.

Dès demain, c’est en Israël que le président de la République peut s’attendre à recevoir l’accueil le plus chaleureux. Il faut dire que tout a été fait ces derniers jours pour transformer ce qui se présentait comme un déplacement à risque en un voyage de rêve.

Contrairement aux années précédentes, il n’a pas été déposé de gerbe au nom de la France sur le mausolée de Yasser Arafat à Ramallah. La France n’a pas cru devoir s’inquiéter des conditions de vie qui sont faites aux habitants de Gaza, cette prison et cet égout à ciel ouvert.

Mais surtout, plus royaliste que le roi, plus ferme que les États-Unis, plus israélienne que Benjamin Netanyahou, plus intransigeante que le Likoud, la France, par la voix de Laurent Fabius, a fait capoter la négociation internationale engagée et bien engagée à Genève avec l’Iran. Toute peine mérite salaire et François Hollande, ce dur entre les durs, mérite bien la standing ovation que lui réserve la Knesset.

Hélas, dans les plus beaux contes de fées vient toujours le moment où le carrosse redevient citrouille. Dès mardi, et en supposant que d’ici là le ciel ne lui sera pas tombé sur la tête, François Hollande va retrouver la France et ses soixante-cinq millions de sujets de mécontentement. Même les RTT ont une fin.

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