"Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est pour le peuple, et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs."

Nice : "Bonnes gens, vous êtes assurés ? Alors laissez-vous voler !"

"Bonnes gens ! Vous allez avoir un enfant ? Alors vous pouvez - et même devez - aller voler pour l'élever ! "

"Bonnes gens ! Vous n'avez volé que 30000 euros ? Alors vous êtes quelqu'un de bien !"

"Bonnes gens ! Si vous sortez de prison blanchi parce qu'en état de légitime défense, vous serez mis à mort par la famille du voleur que vous avez abattu !"

Voilà, en gros, le résumé des propos du frère du braqueur tué, largement et longuement interviewé par les télés, parfaitement indécentes. Il ne manquait que Askolovitch. On ne l'a pas entendu, cette fois, dire que le mort était responsable de sa mort et qu'il avait transformé une victime en assassin.

Voilà où ont abouti quelques lustres de victimisation des délinquants et autres racailles qui ont toujours, dans l'esprit des bobos à l'abri dans leurs quartiers chics, avec leurs enfants dans des écoles privées, de bonnes excuses.

Le vol à main armée, un nouvel art de vivre. Le vol à main armée, une façon de gagner sa vie. Le vol à main armée justifié par les besoins d'un individu qui, ne sachant pas que avortement et contraception existent, a engrossé sa compagne sans avoir les moyens d'élever son enfant, comptant sur les produits de ses vols et, sans doute, sur les largesses d'une société trop habituée à prendre en charge sans broncher le fruit de l'irresponsabilité de certains.

Et, aspect pernicieux supplémentaire, les truands considèrent qu'ils ont la chance de vivre dans une société permettant à chacun de limiter les risques en s'assurant. Le volé, qui paye, très cher, le droit d'assurer ses biens, devrait donc considérer comme anodin de se voir dépouiller. Les assurances paient ! Où est le problème ?

Le problème, il est que considérer l'autre comme un con tout juste bon à être volable indique un mépris de l'autre, une indifférence de l'autre, voire une haine de l'autre qui n'est pas concevable dans une société digne de ce nom. Le problème c'est que ne pas prendre en compte que l'autre a une histoire et a sans doute durement travaillé pour acquérir ce qu'il possède indique une haine de l'autre qui n'est pas concevable dans une société digne de ce nom. Le problème c'est que voler l'autre en comptant sur les assurances c'est-à-dire vous et moi pour le rembourser n'est pas digne d'une société digne de ce nom, qui met en avant l'intérêt commun. Le problème c'est que nous sommes précisément dans une société digne de ce nom où la protection sociale, les prestations sociales, l'école gratuite et obligatoire... donnent à tous les mêmes droits, les mêmes possibilités et que si certains font le choix de voler quand d'autres font celui de gagner honnêtement leur vie par le fruit de leur travail la responsabilité leur en incombe à 100 pour cent. En France, personne ne peut affirmer être dans la situation d'un Jean Valjean obligé de voler un pain pour survivre et condamné aux galères pour cela. Personne. Et celui qui vole, à mains armées, qui plus est, s'expose à être tué par celui qu'il veut léser par la force. C'est tout simple.

Et si l'on en juge au succès des articles et pages facebook de soutien à Stéphane Turk, un vent de révolte et de bon sens est en train de s'emparer de la France et des Français. Tant mieux. Il était temps.

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